lundi, décembre 12, 2005

Un petit peu de couleur...

Pour ceux qui aiment les images autant (sinon plus) que les textes, j'ai étoffé la galerie photo (colonne de droite, diapositives flikr), avec quelques clichés canadiens supplémentaires.





mercredi, décembre 07, 2005

Vrai ou faux ? (6)

Les Québécois sont tous parfaitement bilingues anglais – français : VRAI ou FAUX ?

Faux.
Bon, je vais cette fois tenter de modérer quelque peu mes propos, pour ne pas m'attirer une nouvelle fois les foudres de la gardienne du temple Annie... ça m'a suffi de me faire traiter de "parisien" une fois... il ne faudrait pas y rajouter de nouveaux griefs liés à la légendaire arrogance française.. (ceci dit en toute amitié vis à vis d'Annie, et du V qui a rajouté un peu de vinaigre sur la plaie...;-))
Pour en revenir au sujet de ce vrai ou faux...
On pourrait être tenté de croire que, dans un pays officiellement bilingue, les Québécois, peuple à part de l'amérique du nord, maîtrisent les deux langues avec une aisance enviable.. Il n'en est rien. Du moins si je me fie à ce que j'en ai vu et entendu, ainsi qu'à ce qui m'en a été expliqué sur place. D'abord, le Québec est une province officiellement et exclusivement francophone. C'est même la seule ! Depuis que le PQ (on ne rit pas, c'est le nom officiel du grand parti souverainiste québécois... impayable vu de France) a tordu le coup de la langue anglaise en 1977 avec la loi 101, le français écrase l'anglais dans les rues et sur les façades du Québec (comme dans les affaires... véritable révolution culturelle de l'époque), et cet état de fait a sonné le glas d'une certaine idée de mixité des langues.
Près de 30 ans plus tard, on rencontre de nombreux québécois qui ne parlent pas ou peu anglais. Ce qui ne les empêche pas de trouver du travail et d'être pleinement épanouis dans leur société..
A l'inverse, et c'est encore plus surprenant, dans cette province qui revendique une francophonie hégémonique, on trouve encore de nombreux québécois anglophones qui ne parlent eux, pas un mot de français.
Mais les deux communautés ne se mélangent guère.. et il y a fort à parier que la souveraineté inéluctable du Québec (pour les plus optimistes) provoquera l'exode définitif de ces survivants de l'ère pré-PQ !
Il y a du coup au Québec des universités totalement anglophones (Concordia, Mac Gill...), qui contre balancent les grandes universités francophones (Laval, UQAR, UQAM...).. et ces dernières imposent un test de français préalable à tous leurs étudiants.
Il n’en demeure pas moins que dans leur grande majorité, les Québécois sont bien à l’aise dans les deux langues, ce qui constitue à n'en pas douter un sérieux atout dans le monde moderne.

Sur la question de savoir si les Québécois parlent un meilleur français que les Français eux-mêmes, je me suis déjà exprimé dans un chapitre précédent (Aparté linguistique : les étranges rapports entre le québécois et le français), auquel je renvoie le lecteur curieux.

En réalité, s'il y a des francophones partout au Canada, et notamment en nombre important au Manitoba (grosse communauté à Winnipeg), en Ontario (à la frontière du Québec), en Nouvelle-Ecosse (Acadie), sur l'Île du Prince Edouard (Acadie again) ou au Nunavut, la seule province canadienne qui se soit officiellement déclarée bilingue est le Nouveau-Brunswick. On y trouve donc, pour paraphraser une collègue québécoise "des francophones parlant mal anglais, et des anglophones parlant mal français"..
Mais surtout, ce qui est curieux, c'est de constater comment se reportent les complexes... Si les Québécois se sentent un peu complexés par rapport aux Français dans l'usage de la langue (cf. débat sur le joual), ils prennent leur revanche avec les Acadiens, dont ils raillent gentiment l'accent et la maîtrise du français.
Ce sont leurs Belges... ou leurs Suisses à eux, quoi.

Pour conclure, j'ajouterai que le bilinguisme officiel dans les institutions fédérales a un coût (on le voit bien avec les questions de traductions - amplifiées par la grande diversité des langues européennes - au niveau des institutions de l'Europe) et des détracteurs... une frange politique qui se recrute parmi les conservateurs anglophones est même tout à fait hostile à ce bilinguisme.
Nul doute qu'ils détiennent, sans s'en douter, les clés de la souveraineté québécoise.