lundi, novembre 28, 2005

Vrai ou faux ? (5)

L'hiver québécois est très dur et très long : VRAI ou FAUX ?

Ahem... faux ?
Bien sûr, tout est relatif.
Les mêmes caractéristiques transposées à l'hiver Bordelais rentreraient immédiatement dans les annales.. mais en allant au Québec, je m'attendais à bien pire ("mon pays, c'est l'hiver".. ce genre de choses..).
Qu'ai-je trouvé au final ?
D'abord un hiver qui dure bien moins que 6 mois !
À mon plus grand regret d’ailleurs. Pour nous, l’hiver tel qu’on se l’imagine, c’est à dire froid et enneigé, a commencé début décembre, pour s’achever fin mars, soit à peine 4 petits mois. Bien sur la situation varie selon les régions du Québec, mais à Montréal notamment, où convergent 99% des immigrants, il est encore plus court.

Ensuite des températures hivernales plongeant très rarement en dessous des –40 degrés !
Dans le sud du Québec (vallée du Saint-Laurent), les températures hivernales tournent plutôt autour des –15 / -25, facteur vent compris. Les températures plus basses restent assez rares, et le mercure est facilement capable de repasser au-dessus de 0 en plein hiver. On frise alors la canicule.
Et -25 degrés, c'est franchement très supportable. C'est même largement plus agréable qu'une température française de 0/+5 agrémentée de pluie.
Au risque de me répéter, j'insiste sur le fait que jamais nous n'avons passé autant de temps en extérieur pendant une saison hivernale qu'en ce Québec enneigé et froid.

Je compte bien sur Annie pour remettre ces affirmations en perpective avec les grands froids qui sévissent probablement dans le nord du Québec.. mais pour le peu d'habitants que cela concerne là-bas, ce ne sont pas des statistiques représentatives du Québec.
Et puis, avec un peu de chance, l'hiver qui démarre en ce moment au Québec (un rien plus précoce que l'an passé) me fera peut-être mentir, en maintenant les Québecois pendant 6 longs mois à -50 degrés celsius...
Mais j'ai de gros doutes.

jeudi, novembre 10, 2005

Vrai ou faux ? (4)

Le Canada (comme l’Amérique du Nord dans son ensemble) est un pays sans histoire ni culture : VRAI ou FAUX ?

Faux.
Evidemment.
Il faut être méprisant ou américanophobe pour tenir de telles affirmations.
Il y a bien une histoire au Canada et notamment au Québec. Ses limites tiennent au fait qu’elle est très brève (moins de 5 siècles) et modestement riche (les mêmes 5 siècles ont été largement plus remplis en Europe). En revanche, cette histoire est énormément exploitée à travers le pays, avec une multitude de sites reconstitués.
Et c'est là l'un des tours de force du Canada, que de savoir faire passer de très modestes sites historiques (le plus souvent rebâtis de toutes pièces, car peu de constructions en bois - pour ne pas dire aucune - datant de la colonie ont résisté au temps et aux destructions humaines) pour des sites archéologiques majeurs !
On reconnaît bien là le savoir-faire nord-américain incomparable en matière de communication...
Emporté par les élans lyriques des offices de tourisme (et aussi de mon guide touristique favori...) je me suis payé souvent plusieurs milliers de kilomètres pour fouler du pied des lieux ou contempler des monuments somme toute relativement basiques.
Le plus souvent, la puissance évocatrice de ces lieux tenait bien d'avantage au souvenir des hommes qui y étaient passés, et à la pensée des conditions dans lesquelles ils y étaient passés, que par un quelconque trait local remarquable..
Je suis ravi d'avoir exploré tous ces sites emblématiques, mais je dois admettre que je ne déploie pas le même élan pour traverser la France en quête de joyaux souvent très supérieurs.
Vue la manière dont ils parviennent à vendre quelques pieux pointus organisés autour d'une cabane de colon, les canadiens seraient certainement capables d'attirer le monde entier s'ils avaient la chance de posséder dans leur patrimoine des pépites insuffisamment reconnues comme la citadelle de Brouage, le domaine de la Brède, ou le château du Haut-Koenigsbourg, pour ne citer que ces quelques exemples remarquables.

Un mot pour finir, au sujet de la conception de l'histoire par les Québécois.
A ma question "quand commence l'histoire du Canada", il m'a toujours été répondu que les cours dispensés à l'école démarraient avec Jacques Cartier (1534... heureux écolier québécois, par comparaison avec son homologue européen qui rendu à la même date a déjà ingurgité des millénaires d'histoire), ou à la rigueur avec "nos ancêtres les amérindiens"...
Mais en aucun cas avec "nos ancêtres les Gaulois", ce qui ne lasse pas de me plonger dans perplexité, car si je veux bien admettre que les amérindiens occupaient la terre longtemps avant les européens, je ne peux m'ôter de l'idée que les "québécois de souche" descendent des irréductibles Gaulois aussi sûrement que leurs cousins français.

Plus amusant encore, les distorsions de l'enseignement de l'histoire selon que l'on se situe du côté francophone ou anglophone du Canada. Pour les premiers, c'est l'explorateur Jacques Cartier, mandaté par François 1er, qui découvre et nomme le Canada d'après le mot Kanata, qui en amérindien désigne le "village". Pour les seconds, le mérite de la découverte revient à John Cabot, vénitien armé par le roi d'Angleterre, qui cabota (aucun rapport avec son nom) en 1497 en vue de Terre-Neuve ou de la Nouvelle-Ecosse, selon les versions...
Je laisse à chacun le plaisir de goûter le chauvinisme rampant des livres d'histoire canadiens, qui n'ont rien à envier à ceux de l'éducation nationale française.