mercredi, septembre 21, 2005

Vrai ou faux ?

Comme je le laissais entendre dans ma précédente entrée, je vais désormais publier de temps à autre des petits billets sur les vérités et les contre-vérités que l'on associe généralement au Québec (du moins, de mon point de vue).
Cela fera une sorte de synthèse de cette expérience, et cela permettra peut-être de confimer ou d'infirmer certaines idées reçues sur cette province.
A tout seigneur tout honneur, je commencerai en évoquant les québécois eux-mêmes, et plus particulièrement leur sens de l'hospitalité.

Les québécois sont particulièrement accueillants ! VRAI ou FAUX ?

Vrai.
Il se dégage une chaleur particulière du premier contact avec les québécois.
C’est peut-être du au tutoiement généralisé et spontané, à la façon moins formelle de concevoir les rapports humains (et notamment professionnels) ou bien à l’accent sympathique… je ne sais pas, probablement un peu des trois.
Typiquement, cela donne le contact suivant de la part des vendeurs dans les magasins où l’on pénètre pour la première fois : « Bonjour. Ça va bien ? Est-ce que je peux t’aider ? »
Déroutant la première fois... on se retient de répondre qu'on a pas gardé les vaches ensemble...

Une mention toute particulière pour le 3ème âge québécois, qui témoigne dans sa très grande majorité d’une extrême tolérance à l’endroit des enfants en bas âge. Cela change agréablement du 3ème âge français.

Maintenant, derrière cette chaleur, les québécois partagent avec les nord-américains dans leur ensemble une certaine réserve, qui confine à la réticence, au moment de pénétrer leur intimité. Avant d'être invité chez un québécois, il faut donc l'avoir patiemment amadoué.
Il sera plus prompt, dans les premiers temps, à inviter ses nouvelles connaissances au restaurant plutôt que chez lui pour un souper (= dîner, en québécois).
Et au restaurant, attention au quiproquo.
"Inviter quelqu'un au restaurant" consiste, dans l'esprit des québécois, à l'inviter à se joindre à la table, mais en aucune façon à prendre en charge sa note finale.
Le français non averti s'expose donc à une déconvenue...
Peu avant notre départ du Québec, nous avons invité "à la française" (c'est à dire en payant la note globale) plusieurs amis québécois. Leur réaction a été de façon systématique un sentiment de gêne...
Des amis nous ont même dit que nous les vexions en procédant de la sorte (mais ils nous ont quand même laissé régler la douloureuse au bout du compte, sans protester au delà du raisonnable).

Une fois que le québécois a été apprivoisé, et qu'il vous a introduit dans son intimité domestique, alors il retrouve ses élans de très grande générosité. On ne pouvait plus compter, à la fin de l'année, le nombre d'attentions, de présents, d'invitations de tous poils, qui nous tombaient dessus sans crier gare.

Donc, oui, les québécois sont accueillants et très chaleureux.

2 Comments:

At 8:27 AM, Anonymous Anonyme said...

Salut Seb, ca fait un bout! Mon commentaire est le suivant par rapport au temps qu'il faut pour qu'un quebecois invite une nouvelle connaissance chez lui...Bizarrement, les quebecois ayant vecu en France font, en general, la meme critique envers les francais...etrange! Je suppose que, les codes n'etant pas les memes, on se met soi-meme a l'ecart en quelque sorte, meme en ayant l'intention inverse...enfin, c'est une des choses qui pourrait expliquer le phenomene.

Pour les "invitations" au resto, c'est vrai que ca peut etre confondant...

Annie

 
At 2:44 PM, Anonymous Anonyme said...

Qu'il me soit permis de suggérer, à tous les lecteurs de ce carnet comme à son auteur, de lire l'essai intitulé LE JOUAL DE TROIE, écrit par Jean MARCEL et publié en 1973. Ce livre permet de comprendre bien des choses quant à la situation d'aliénés culturels que sont les Québécois et les Canadiens français.

 

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