vendredi, août 05, 2005

Juillet 2005 : la fin est proche

Et non contente d’être vertigineusement proche, elle fonce vers nous avec une effrayante vélocité.
Ce mois de juillet, nous ne l’avons pas vu passer.
Entre le temps magnifique, le festival d’été de Québec, les premiers préparatifs du retour, les dernières manœuvres professionnelles, et la balade en Nouvelle-Angleterre, j’ai l’impression d’avoir été volé de mon mois de juillet, mystérieusement réduit à quelques jours subliminaux.

Le festival d’été de Québec, c’est un feu d’artifice (au sens propre comme au sens figuré) de concerts et spectacles musicaux de tous les genres, qui s’étire sur plusieurs scènes du centre ville pendant une dizaine de jours. L’occasion de faire cohabiter, se croiser ou s’entrechoquer dans d’improbables rencontres, les légendaires punks des New York Dolls, les incontournables québécois des Cowboys Fringants, les électriques balades de Daniel Lanois, les festives incantations de Benabar, la pop sucrée de JP Nataf (ex-Innocent) mêlée à la variété acidulée d’Alban de la Simone, les survivants de Zebda, les populaires Trois Accords, les poilus ZZ Top, le revenant Charlélie Couture, les sautillants Loco Lokass (le rap me fera toujours rire avec ses rimes et sa poésie de mirliton… j’ai beaucoup aimé le «libérez nous des libéraux») et des dizaines d’autres encore, que j'oublie ou qui ne m'intéressent pas.
La ville bourdonne d’une fébrile animation, jusque tard dans la nuit, et les publics les plus incompatibles se mélangent et se fondent en douceur dans la festivité québécoise bon enfant. Étrange spectacle que de voir se déverser sur la Grande-Allée, devenue piétonnière pour la circonstance et pour le bonheur du riverain que je suis, les hordes de fans des NY Dolls tatoués et crêtés à l’iroquoise, côte à côte avec les sages amateurs de Starmania, ombrelle et chaise pliante sous le bras.
En parlant de chaise pliante justement, on apprend vite à éviter les concerts «grand public» investis par une audience dont la moyenne d’âge élevée et la tendance systématique à transformer les plaines d’Abraham, formidable scène à ciel ouvert, en place centrale de camping des flots bleus, nuisent à l’esprit de fête ambiant.
Accessoires omniprésents, les toiles et chaises longues relèguent le spectateur debout à une distance indécente de la scène, et ont vite fait de me faire préférer des espaces plus intimes et des spectacles plus originaux, moins compatibles avec l’avachissement sénile.
Avec son festival de l’été, Québec justifie une fois de plus son aura de petite ville dynamique, à des années lumières de ses homologues françaises (Bordeaux, pour ne pas la citer, avec laquelle elle est justement jumelée). Suivant le sympathique festival des fanfares militaires (cf. entrée du mois d’août 2004), les décevantes fêtes de noël (cf. entrée du mois de décembre 2004), le formidable Carnaval de l’hiver (cf. entrée du mois de février 2005), le festival de l’humour (complètement passé à côté), les jeux mondiaux des policiers et des pompiers (soigneusement évités au profit des provinces maritimes – cf. entrée du mois de juin 2005), et précédant les fêtes de la Nouvelle-France, qui concluront notre séjour en ces terres, le FEQ (abrégé malheureux du festival d’été de Québec) est la parfaite entrée en matière dans le sujet et la douceur estivale.

En fait de douceur estivale, il vaudrait mieux parler de températures caniculaires. Ce mois de juillet vient combler en quelques petites semaines l’abyssal déficit de soleil et de chaleur accumulé tout le printemps durant.
Avec la réouverture de la piscine (chauffée de surcroît) de l’immeuble, nul besoin de boule de cristal ou de marc de café pour deviner à quel point le souvenir québécois nous paraîtra doux lorsque nous aurons replongé tête et épaules dans la frénésie et le «confort» parisiens.
Avec la canicule, l’ardeur professionnelle s’étiole.
Avec la musique dans la rue, la concentration se disperse.
Avec les projets de vacances, l’esprit vagabonde.
Le temps de boucler le monolithique rapport de fin de mission dans la fonction publique québécoise, et les regards se tournent à nouveau vers des horizons exotiques.
Mais l’effilochement accéléré des semaines force à consentir des sacrifices cornéliens parmi les aspirations touristiques.
Exit l’Outaouais, avec son plus grand hôtel en rondins du monde et son «zou» de Montebello… :-(
Après tout, un hôtel en rondins, cela n’a rien de bouleversant, et à plus de 200 $ la chambre, il y a forcément mieux à faire du temps et de l’argent qu’il nous reste.
Quant au parc Oméga de Montebello, nous ne l’avions inscrit sur nos tablettes que pour contempler enfin à loisir des orignaux autour de notre voiture, déçus que nous avions été devant leur rareté au «zou» de Saint-Félicien.
Depuis que nous en avons vu des tonnes en liberté en Gaspésie et dans les provinces maritimes, nous sommes repus d’orignaux, et la visite d’un parc animalier supplémentaire nous semble totalement superfétatoire.
Désormais, pour faire le tour du sujet de l’orignal, il ne nous reste plus qu’à y goûter, ce qui, par l’entremise d’un collègue chausseur, n’est qu’une question de temps (je vous en dirai des nouvelles).
Exit le train touristique de la région Chaudières-Appalaches, qui mène ses visiteurs, à son rythme de sénateur, de Vallée-Jonction jusqu’à Thetford Mines, à la découverte des carrières gigantesques.
Le compte rendu d’une collègue ayant testé la chose quelques semaines plus tôt n’a pas été suffisamment enthousiaste pour motiver l’affectation d’un précieux jour de week-end à cette excursion.
Exit le survol des baleines en hydravion, à hauteur du fjord du Saguenay. Et ce renoncement là est pour moi un véritable crève-cœur. Voir les baleines depuis le ciel, dans toute leur longueur, alors que la sortie en zodiac ne donne à voir que quelques malheureux ailerons et jets de respiration, j’en rêvais depuis des mois (cf. entrée du mois d’avril). Mais le calendrier de l’activité, circonscrit dans un petit mois, ne s’est pas avéré compatible ni avec celui de nos visiteurs, ni avec nos échéances estivales. Et puis nous avons tellement vu Tadoussac, son ferry, sa chapelle des indiens, son hôtel chicos, son comptoir de trappeur, sa baie et ses bélugas, que nous aurions probablement fait une poussée d’urticaire au seul fait de contempler une fois supplémentaire ses toits peinturés de rouge, et de découvrir ses ruelles envahies par les hordes de visiteurs en autobus.
Exit la cité de l’énergie de Shawinigan, en Mauricie. À bien y réfléchir, une cité de l’énergie, cela ne présente guère d’intérêt à visiter. J’en viens à me demander pourquoi je me suis bêtement focalisé sur cet attrait touristique aussi plat qu’un pancake écrasé ? Sans doute parce que pendant l’hiver, alors que tout était fermé à l’horizon, je me serais contenté de cette studieuse sortie pour rompre un peu la routine des activités de neige. Mais maintenant que le temps fait défaut, je réalise l’incongruité du projet. Visiter une cité de l’énergie !!! Autant visiter une centrale électrique en France.. cela doit être à peu près aussi captivant !
Exit en même temps, puisque nous n’aurons plus l’occasion de nous rendre en Mauricie, la visite du Camp de Bûcherons de Grandes-Piles, et la visite de la Tuque, ville natale du grand Félix.
Bon, la Tuque, honnêtement, je m’en fous… et puis le grand Félix, je lui ai déjà payé une visite sur l’Île d’Orléans, dans la fondation gérée par sa petite famille (intéressante).
Le Camp de Bûcherons par contre, cela m’aurait bien amusé, histoire de voir un peu à l’œuvre le savoir-faire de ces robustes draveurs qui hantent l’histoire, la littérature et la mythologie québécoise. Et puis cela aurait été à n’en pas douter l’occasion parfaitement opportune d’acheter une chemise ou une veste lumberjack cette année, au plus grand dam de ma petite épouse qui ne peut pas sentir cette rudimentaire mode à carreaux.
Tant pis pour les vêtements de bûcherons. De toute façon, on trouve les mêmes à Paris.
Exit enfin la visite de Chicoutimi, près du lac Saint-Jean. Des collègues québécois m’ont depuis rassuré dans mes choix en me confirmant que je ne manquais rien, ou pas grand chose, et je confesse qu’à part le nom de la ville, que je trouve amusant, rien ne m’attirait en ces lieux.
À force d’appuyer sur la touche Exit, notre liste de sortie s’est trouvée rapidement réduite à sa portion congrue : visite de Grosse-Île, puis balade en Nouvelle-Angleterre.

Grosse-Île, c’est une île située dans l’archipel de l’île aux grues, en plein Saint-Laurent, au nord de Québec, aménagée en station de quarantaine pendant un siècle, entre 1830 et 1930 (à la louche).
Comme son nom ne l’indique pas, ce n’est pas la plus grosse île de l’archipel, mais la plus haute.
Mais elle reste suffisamment vaste pour mériter un vraie journée de visite.
Accessoirement, pour les sceptiques, c’est la station de quarantaine de Grosse-Île qui a inspiré les voisins américains pour l’aménagement d’Ellis Island. Donc visiter Grosse-Île, c’est faire preuve d’une véritable curiosité. Tandis que visiter Ellis Island, c’est suivre aveuglément le troupeau des touristes attirés par New York comme des mouches par le papier citronné. Je dis ça, mais en même temps, si je vais un jour à NY, j’irai certainement visiter Ellis Island.. je suis un mouton comme les autres, moi aussi, à mes heures.. je me consolerai cependant en me disant que j’ai vu, moi, ce qui a précédé et inspiré la célèbre station de quarantaine couronnée par la statue de la liberté (une statue française ? une station québécoise ? quel sens de la récup ces américains :-)).
«C’est quoi Ellis Island ?» demande une touriste québécoise avec une confondante ignorance. Mais comment peut-on visiter une station de quarantaine sans connaître, au moins de réputation la plus célèbre d’entre toutes (merci le savoir-faire américain en matière de communication).
Donc, une station de quarantaine, c’est un lieu de transit obligatoire pour les immigrants, avant d’être débarqués sur le nouveau monde de toutes leurs illusions et espérances, le temps de s’assurer qu’ils n’amènent pas avec eux quelques unes de ces redoutables infections qui transforment le vieux continent en bouillon de cultures.
Grosse-Île a ainsi vu défiler des milliers d’immigrants de toutes nationalités, mais principalement irlandaise, et a prélevé son du sur ce fret de chair et de sang lors d’une sinistre année 1847, qui a laissé sur la partie sud de l’île son empreinte indélébile sous la forme d’une multitude de petites croix blanche et d’un gros monument en forme de croix celtique à la mémoire de ces pauvres hères qui n’auront vu de l’Amérique que la terre qui recouvre leur fosse.
J’espère que ces malheureuses victimes du typhus nous pardonneront notre profanation, car Velma, pas émue pour deux sous par les poignantes descriptions du guide (la famine qui force à l’exil, les conditions de vie déplorables à bord des bateaux, les symptômes ragoûtants de la maladie, les soins rudimentaires…) a entrepris de déloger du sol une de ces «épées» de bois blanc. On l’a arrêtée à temps, mais cette anecdote illustre le fait que notre petite fille se nourrit peut-être trop d’histoire de chevalerie (une surdose d’Excalibur ?), et n’est pas encore suffisamment sensibilisée à la symbolique des cimetières :-).
Mais elle ne perd rien pour attendre : le circuit de Nouvelle-Angleterre comporte son (bon) lot de pierres tombales.
Au fil de la visite de Grosse-Île, entre les explications érudites d’un guide gaélique, et la promenade en petit train qui évoque plus Disneyland qu’un lieu de mémoire tragique, on a droit à sa propre séance d’accueil et de décontamination, sanctionnée par un certificat de «propreté» autorisant l’entrée sur le sol canadien. Fichtre : presque un an après notre arrivée, il commençait à être temps.
Ma bonne poire (ou ma grande gueule) me rapporte un traitement de faveur de la part du comédien médecin, qui entreprend de me soumettre à des analyses complémentaires, inquiet de découvrir au fond de ma gorge quelque alarmant symptôme de quelque maladie disparue… Lorsqu’il me harponne à nouveau sur le quai, au moment d’embarquer pour le retour, et qu’il s’enquiert de la suite de mon traitement, je le rassure en l’informant que j’ai obtenu mon bon de sortie en graissant la patte de son assistant… Fort mari, il nous souhaite un bon voyage en ruminant les sanctions exemplaires qu’il lui faudra prendre à l’encontre d’un employé aussi peu scrupuleux de son cordon sanitaire…
Bref, tout cela pour souligner le fait que la visite de Grosse-Île se fait dans la bonne humeur et la décontraction.

En cette fin juillet, le climat n’en finit plus de sourire, entre azur, or et touffeur, et nous nous extirpons presque à regret de la piscine pour prendre la route du Maine (trop dure la vie).
C’est décidé, notre tour de la Nouvelle-Angleterre nous conduira à Salem, Boston et Providence, ainsi qu’à Cape Cod si le timing le permet.
Par contre, nous ne descendrons pas jusqu’à New York, en dépit des protestions incrédules de nos amis et collègues locaux. Outre que la cité démesurée ne se trouve pas en Nouvelle-Angleterre, et que sa visite serait constitutive d’une impardonnable faute de goût dans un parcours consacré à cette région, nous avons réalisé depuis belle lurette que nous aurons bien d’autres occasions de faire le voyage directement depuis Paris pour découvrir la grosse pomme, de surcroît à un prix probablement compétitif avec ce que nos habitudes de voyage canadiennes nous ont appris à débourser.
En revanche, il était très peu probable que nous revenions spécialement en Amérique du nord pour visiter la Nouvelle-Écosse, la Colombie-Britannique, ou la Nouvelle-Angleterre.
Enfin, les 8 heures de route jusqu’à New York, grevées d’un nombre d’heures aléatoire d’attente et de formalités douanières, ne rendent pas le voyage plus rapide qu’un vol transatlantique entre l’Europe et les États-Unis.
CQFD. New York n’aura pas l’honneur de notre visite pendant cette année canadienne. On y retournera un jour, seuls (traduction = sans notre petite puce, à moins qu’elle ait bien grandi entre-temps) ou avec des poteaux (qui nous aime nous suive !).
Mais au fait, se dit le lecteur curieux, pourquoi cette fixette sur la Nouvelle-Angleterre ?
D’abord parce que c’est très proche du Québec : ça aide :-)
Ensuite parce que c’est un coin des États-Unis où la culture et l’histoire n’ont pas encore été totalement battus en brèche par le show-biz et les centres commerciaux : ça compte.
Enfin, parce que la Nouvelle-Angleterre, par son nom même, me semble difficilement sécable de la Nouvelle-France, tant l’histoire de l’une s’est nourrie des rebondissements de l’histoire de l’autre. Des exemples ?
La Nouvelle-Angleterre et la Nouvelle-France ont été, durant les 17ème et 18ème siècles en rivalité farouche sur la question de la traite des fourrures. Cette rivalité a largement alimenté tous les conflits indiens (entre européens et indiens, mais aussi entre indiens eux-mêmes) de cette période. L’acharnement des anglais a mettre un terme à l’empire français d’Amérique du nord puise directement sa source dans la menace que la présence française entre le Québec et la Louisiane faisait peser sur les épaules des colons anglphones installés en Nouvelle-Angleterre.
Enfin, une théorie aussi valable qu’une autre enseigne que la révolte américaine contre l’autorité anglaise, qui devait conduire en 1776 à l’indépendance des États-Unis, tire notamment sa source dans le fait que, enfin débarrassés de la menace française au nord, les habitants de Nouvelle-Angleterre ne ressentait plus le besoin d’une présence britannique sur leur sol pour garantir leur protection. Les taxes douanières imposées par le Royaume-Uni ont ensuite fourni le détonateur nécessaire pour contester la tutelle politique (la fameuse Boston Tea Party).
Bref, la Nouvelle-Angleterre ne serait pas ce qu’elle est sans la Nouvelle-France, et la Nouvelle-France n’aurait pas connu la même évolution (tragique) sans la pression de la Nouvelle-Angleterre.
Bon, tout ça c’est très beau, mais c’est un peu le prétexte historique de la balade. Dans les faits, j’aspire aussi – surtout – à mettre mes pas dans ceux des plus grands auteurs fantastiques américains, Howard Philipps Lovecraft et Egdar Alan Poe, je souhaite gratter un peu le sujet des procès en sorcellerie de Salem, et tant qu’à se balader dans le coin, ne pas passer à côté de la grande ville locale où se sont joués tant d’événements majeurs du 18ème siècle nord américain, Boston.

Première épreuve pour pénétrer le pays des hamburgers, franchir la frontière entre le Canada et les États-Unis.
Si les Canadiens passent tranquillement, d’un rapide geste de la main du douanier manuel (par opposition au douanier intellectuel.. je ne développe pas), le touriste franchouillard attire instantanément la suspicion.
Et voilà que, munie de nos passeports, notre douanière (plutôt cool au demeurant, en regard du cow-boy auquel nous avions eu à faire en septembre précédent) nous interpelle par nos prénoms, histoire de voir si nous répondons bien !
Comble de la procédure qui fait tâche, l’interpellation de Velma sur le thème du : «What’s your name, Velma ?»
À mon observation que ma petite fille de 3 ans et demi ne parle pas anglais, et qu’elle va avoir du mal à répondre à l’interrogation, ma douanière me rétorque, avec un sens de l’humour très modéré, que en anglais comme en français, son prénom est toujours le même et que cela devrait suffire pour qu’elle comprenne… Moui…ok… soyons cool et patient, et on évitera peut-être les 3 heures d’attente de certains co-expatriés confrontés à ce genre d’exercice.
Devant le regard vitreux de notre puce, la douanière finit par admettre que Velma doit bien s’appeler Velma même si elle ne lui répond pas lorsqu’elle l’appelle Velma…
On passe alors à l’étape numéro 2 : la vérification, sur une occulte liste électronique que nous ne sommes pas d’affreux terroristes d’Al-Quaida, bourrés d’explosifs, ayant rasé nos barbes pour passer inaperçus.
Ouf, la machine ne semble pas s’empêtrer dans de malheureuses homonymies et la procédure d’immigration peut continuer à suivre son cours civil. Pendant ce temps, des dizaines de véhicules canadiens continuent d’entrer aux États-Unis sans être ennuyés…
L’étape suivante du parcours de l’aspirant visiteur des states consiste à mettre la main au portefeuille.
Qu’on se le dise, l’entrée sur le sol américain, même pour une heure, coûte la modique somme de 6 $ US par tête de pipe. Belle mesquinerie, qui annonce la couleur sur ce qui va suivre. Aux USA, il n’y a pas de petits profits. Je n’ai pas de souvenirs d’avoir payé quoi que ce soit pour visiter le Maroc, la République Tchèque (avant son entrée dans l’UE) ou même pour venir vivre un an au Canada. Plus légers de 18 $ US (à peu près l’équivalent en euros) nous attendons stoïquement la suite des événements. Mais notre douanière s’étonne de nous voir encore là… C’est bon ? On peut y aller ? Déjà ? Allez, quoi, on ne peut pas franchir la frontière aussi tranquillement que ça, en à peine une grosse demi-heure ? Et les empreintes digitales ? Je croyais que la cérémonie des empreintes digitales était systématique pour tout nouvel entrant ? Non mais, c’est que je me sens refait, moi, si je n’ai pas le coup des empreintes digitales… Maintenant que j’ai payé, je veux le kit complet du visiteur suspect…
Bon, on se passera d’empreintes digitales, et on filera bien vite d’ici, heureux de s’en tirer à si bon compte.
On se souvient encore de ce douanier moustachu, dans les Cantons de l’Est, qui nous avait posé un nombre incalculable de questions, après avoir joué la partition de l’intimidation, et avant de nous encourager à visiter le Vermont. Merci mais ce jour là, on s’était juste trompé de chemin, et on souhaitait seulement faire demi-tour.
Donc, si 3/4 d’heures pour un simple demi-tour… on s’attendait à bien pire pour un séjour d’une semaine.
Fin de l’épisode douanier. On verra bien ce que nous réservera le retour.
Au bout d’une autoroute classée X, nous arrivons à Salem, ville de réputation sulfureuse, pour son histoire de sorcellerie passée à la postérité.
On se précipite donc sur le Salem Witch Museum, présenté par les prospectus comme le musée le plus visité de la ville, et par les guides comme le meilleur sur le sujet.
Et là, comment dire… Si le kitch était un dieu, le musée de Salem serait son temple. Entassés dans une grande salle plongée dans l’obscurité, nous assistons médusés à une succession de reconstitutions douteuses à base de mannequins de cire, avec diable rouge à queue fourchue, voix off qui gronde et roule les R, et hurlements stridents de jeunes filles effarouchées.
C’est sévèrement cake, et si cela a le mérite de narrer les événements sous un angle globalement objectif, cela tue dans l’œuf le désir d’approfondir le sujet. On en ressort un peu plus instruit sur la chaîne des délires ayant conduit à l’hystérique chasse aux sorcières, mais pas forcément emballés par «le musée le plus visité et le plus intéressant» sur l’épisode des sorcières de Salem.
Ce qui est amusant, c’est de lire dans les brochures locales que cette triste histoire sert aujourd’hui de vivace rappel et de garde fou contre l’intolérance et les jugements trop hâtifs d’une société inquiète.
Pas de doute, le Mac Carthysme, ou plus récemment la psychose autour de la «démonstration» des armes de destruction massive détenues par l’Irak, rassurent sur l’usage fait des nobles leçons tirées de l’histoire par les Américains.
Finalement Salem vaut mieux que son passé de sorcières. C’est une très belle ville, plutôt très cossue, où les belles demeures historiques rivalisent avec la douceur de la marina.
En parlant de belles demeures, le joyau de Salem s’avère être la fameuse maison aux 7 pignons, de Nathaniel Hawthorne, dont la visite révèle de délicieux passages secrets, en sus de l’art de vivre bourgeois à l’ère des pères fondateurs.
Comme on est venu pour elles, on fait un dernier petit tour sur les tombes des sorcières (et des sorciers, car la folie collective s’est abattue aussi bien sur des femmes que sur des hommes), ou plutôt sur le mémorial érigé en vis à vis d’un autre musée kitchissime, avant de prendre la direction de Boston.
En cherchant un logement accessible dans Boston, on mesure à quel point les États-Unis vivent au-dessus du niveau du reste du monde. Le coût de la vie (et partant des hôtels) y est exorbitant. Les voitures y sont monstrueuses et rutilantes, y compris dans les quartiers étudiants. Les maisons sont colossales, et font passer les maisons bourgeoises du Québec pour d’infâmes bouibouis de pays en voie de développement… bref, à défaut de ne pas vivre dans le même monde, on ne joue pas dans la même catégorie.
La restauration est à l’avenant. Les plats sont énormes, les portions débordantes… Lorsqu’on opte pas pour le doggy bag en fin de repas, on doit se résoudre à jeter la moitié de son assiette. Cela laisse forcément songeur à l’heure où le Niger traverse une famine épouvantable. C’est d’autant plus étonnant lorsqu’on lit, sur un monument planté en face d’Harvard que «personne ne devrait souffrir de la faim dans un monde d’opulence»… toujours cette sidérante schizophrénie américaine entre les beaux principes et la cruelle réalité.
On ne s'étonne donc pas, avec des telles moeurs alimentaires, de croiser aux États-Unis des obèses en quantité industrielles, alors que ce symptôme est pratiquement absent du Québec. À croire que pelleter la neige pendant les mois d'hiver, contribue à entretenir la ligne svelte, malgré la poutine et la tarte au sucre.
Avec un heureux concours de circonstance, on finit par se considérer heureux de trouver une chambre d’hôtel pas trop excentrée pour moins de 700 francs par nuit. On va pouvoir maintenant visiter Boston avec l’esprit (à peu près) léger.
Boston : belle ville, beaucoup de choses à voir, patrimoine historique conséquent, juxtaposition réussie de l’ancien (18ème) et du moderne, gros embouteillages, site agréable, rythme trépidant, magnifique musée Isabella Stewart Gardner. Pas la plus désagréable des villes pour poser des valises (cf. photos).
Avec une conscience touristique exacerbée, nous suivons pas à pas l’intéressante «freedom trail», ligne rouge de peinture ou de brique incrustée dans le bitume de la ville, menant d’un site historique à l’autre, à la rencontre de l’histoire de l’indépendance. Avec la température ambiante démentielle, nous ruisselons, nous pensons avec nostalgie à notre piscine québécoise, et nous engloutissons des litres de Coke Zero ou Splenda, nouveaux parfums dont je ne détecte pas la différence avec le C2. Velma s’asperge dans la mare aux grenouilles du parc Boston Common, pendant que nous y écoutons distraitement, par 30 degrés et 10h du soir, une représentation gratuite d’Hamlet.
Franchement, Boston, c’est sympa. À vrai dire, on y habiterait sans hésiter si on avait la chance d’être millionnaire (en dollars US hein, parce qu’avec des dollars CA, on irait pas bien loin).
Comme ce n’est pas encore le cas, nous mettons le cap sur l’état voisin du Massachusetts, le Rhode Island, grand comme un timbre poste, qui peut se vanter d’avoir hébergé deux écrivains majeurs (pour moi) dans la bonne vieille ville de Providence.
Vieille ville car elle serait, de source plus ou moins sûre, celle qui abrite le plus de demeures historiques aux États-Unis. En arpentant ses rues, on constate en effet que 9 demeures sur 10 arborent une petite plaque descriptive de leur ancestrale date de construction et/ou des résidents célèbres qui y sont demeurés. À tel point qu’un résident doté d’humour, vivant dans la 10ème demeure de la série, n’a pas hésité à apposer sur sa façade l’inscription suivante :
«In this house, in 1892, nothing happened».
Le plus beau à Providence, outre l’Arcade, premier centre commercial des États-Unis datant de 1832 (il fait son âge, pas de problème) et l’immaculée State House, qui fait penser à la maison blanche et se targue d’avoir le 4ème dôme auto porté au monde (après celui de Saint-Pierre de Rome, un dôme à Minneapolis, et celui du Taj-Mahal… mais qui s’intéresse à ce genre de détail débile ?), c’est le quartier résidentiel de College Hill. C’est là que naquît, vécût, puis mourût (ça se passe bien dans ce sens, généralement) dans un anonymat quasi complet, Lovecraft, père du fantastique moderne. C’est là aussi que Poe se plaisait à conter fleurette à quelque poétesse dont le nom m’échappe. Mais comme le pèlerinage religieux s’accorde mal avec la gaudriole, oublions les minauderies d’Alan Poe, et focalisons-nous sur H.P.L.
Ce qui frappe à Providence, en explorant un quartier si riche de souvenirs et de témoignages de ce passé littéraire, c’est l’absence totale de référence au grand homme. Son nom ne figure sur aucune plaque de maison, alors qu’il a habité, par le corps ou par la plume, la plupart de ces demeures. On ne trouve pas la moindre référence à son souvenir, pas de musée, pas de carte postale, pas de t-shirt ou de café Lovecraft… rien, absolument rien. Seul l’office du tourisme semble au courant de la présence immatérielle de son passage, et recycle aux profit de ses visiteurs curieux le parcours du fan élaboré pour une lointaine convention. Pourtant, tout le monde ou presque est imprégné de Lovecraft. Son œuvre est présente, de façon diffuse dans des pans entiers de la culture littéraire ou cinématographique contemporaines. La série Evil Dead de Sam Raimy (monsieur Spiderman), c’est Lovecraft, les influences du dessinateur Giger (monsieur Alien), c’est encore Lovecraft, l’œuvre quasi intégrale de John Carpenter, c’est toujours Lovecraft, des séries télé aussi diverses que Babylone 5 ou Hercules sont influencées par Lovecraft, des groupes de musique aussi extravagants que Iron Maiden, Blue Oyster Cult, Metallica, Marillion, ou les Wampas, revendiquent l’influence de Lovecraft, des écrivains aussi célèbres que Stephen King ou Fritz Leiber se réclament de l’héritage de Lovecraft, des auteurs des BD aussi talentueux que Andréas ou Sorel doivent tout ou presque à Lovecraft, et enfin (car j’arrête là cette énumération qui devient lassante) des jeux vidéos comme Alone in the dark ou Quake exsudent l’influence de Lovecraft.
Tout ceci pour dire que son oubli (apparent) total dans la communication de Providence ne lasse de me sidérer.
Mais après tout c’est aussi bien comme ça. Je me consolerai rapidement de ne pas avoir mon t-shirt noir inscrit «I walked along Lovecraft’s streets in Providence»… j’aurais été beaucoup plus profondément et durablement dépité de voir cette légende réduite au rang de gadget touristique à la disney, avec menu Lovecraft dans les fast-foods du coin (des nuggets de Nyarlathotep ? des Mac-Shub Niggurath ?), et casquette H.P.L. de rappeur…
Providence et Lovecraft, c’est finalement – et tellement logiquement, lorsqu’on y songe – une histoire un peu occulte, qui ne s’offre qu’à l’investigateur curieux, initié aux arcanes idoines.
Pour le passant ignorant, il reste un étrange et modeste mémorial, en face de l’université Brown, en forme de poème (cf. photos), et une pierre tombale un peu inaccessible, dissimulée entre les arbres et les allées du Swan Point Cemetery (assez éloigné du centre ville, à la frontière avec la commune adjacente de Pawtucket, pour ceux que ça intéresse). Là, nous croisons une américaine à peine plus vieille que nous, qui fait son pèlerinage annuel sur la tombe, depuis qu’elle a lu tous ses livres sur les conseils avisés de son oncle, et qu’elle a elle-même complété la visite auto guidée de College Hill… finalement, nous ne sommes pas seuls :-)
Après tout, habitants de Providence, et responsables du tourisme local, c’est aussi bien de laisser l’homme là où il est, dans son semi-oubli, à la seule disposition de ceux qui le cherchent vraiment. N’en faîtes surtout pas un gimmick commercial pour ados imbibés de Necronomicon, il y perdrait son âme, et nous notre spontanéité.

Cette spontanéité toutefois, à force d’être traînée dans d’interminables promenades, sous 40 degrés de température, finit par se dissoudre dans l’air moite.
Avec cette canicule qui ne nous a pas lâché depuis notre arrivée en Nouvelle-Angleterre, nous finissons par ressentir le besoin d’une pause rafraîchissante, et puisque notre «schedule» (anglicisme québécois) l’autorise, sans risque de "cancellation" (autre anglicisme québécois), nous piquons vers le bras replié de Cape Cod, dans le Massachusetts. Sur les bons conseils de notre guide, nous jetons notre dévolu sur «l’une des 10 plus belles plages du monde», et pique nique dans le panier, nous nous apprêtons à goûter aux délices reposants (si utilisés sans abus abrutissant) des vacances de plage !
Là, double désillusion.
D’abord, comme de bien entendu, le temps qui oscillait jusqu’à lors entre canicule terrible et écrasante canicule, décide subitement de s’accorder un break nuage, vent et températures fraîches. Au milieu des quelques plagistes égarés, déboussolés par ce revirement climatique brutal, nous renonçons à nos velléités de baignade devant la fraîcheur glaciale de la mer. Même la station assise, emmitouflé, sur le sable froid, n’est pas longtemps tenable.
Velma tient le coup le temps de faire quelques pâtés de sable (parler de châteaux serait extrêmement présomptueux), un tunnel et 2-3 trous, avant de réclamer la voiture. Sans faire ni une ni deux, on prend nos cliques et nos claques, on remballe notre pique nique estival, et on fonce se réchauffer auprès de l’ami PT Cruiser.
De toute façon nous n’avons pas des tonnes de regret. La fabuleuse plage annoncée s’est avérée plutôt décevante, loin d’être aussi belle que les plages du sud-ouest français, et certainement à des années lumières des plages du sud-est asiatique ou de la Polynésie. Comment ce bout de sable battu par les vents a bien pu se retrouver parmi les 10 plus belles du monde constitue pour moi un insondable mystère !
Je ne vois en fait que deux réponses possibles.
Soit ce classement des plus belles plages du monde réduit le monde à sa dimension strictement nord-américaine, dans un excès d’ethnocentrisme dont les américains sont tristement coutumiers… soit c’est un magistral coup de bluff des Kennedy, habitués des lieux…
J’invite ceux qui douteraient de mon objectivité impartiale à se référer à la galerie photo, où ils trouveront un cliché (un seul, elle n’en mérite vraiment pas plus) de la fameuse plage. Personnellement, le jour où je chercherai des belles plages (et seulement des belles plages), je prendrai plutôt la direction des Maldives que celle de Cape Cod.

C'est donc sur cette expérience balnéaire avortée que nous quittons les États-Unis pour rejoindre notre Québec chéri. Les douaniers US ne nous regardent même pas passer. Par contre, la douanière canadienne tique sur notre accent et nous passe à la question de rigueur...
Au moins, cette fois, on évite le psychodrame des fruits et légumes. Un an plus tôt, arrivant de France, les douaniers montréalais nous avait tout fait jeter à la poubelle histoire de préserver l'atmosphère canadienne des miames européens. Comme un touriste averti en vaut deux, une semaine plus tôt, nous avions feinté notre douanière US, afin d'éviter de perdre inutilement une fois de plus nos précieuses provisions. Mais on ne méfie pas assez du bacille de la banane...!

Avant de conclure cette dernière semaine d’aventures nord-américaines, nous faisons un crochet par Montréal, histoire de jouir enfin de ce parc d’attraction qui, depuis l’île Sainte-Hélène, ne manque pas d’accrocher le regard du visiteur embarqué sur le pont Jacques Cartier. Ouvert durant la seule, et courte période estivale, il offre des roller-coasters dans tous les coins, une vue imprenable sur le downtown montréalais, en plus de ses nombreuses attractions pour enfants. Il réussit même, sous couvert de diversité culinaire inédite, à nous faire replonger dans l’infâme poutine (poutine Desperado pour moi, poutine Cocorico pour Corinne).. mais même agrémentée de poulet ou de fioritures alléchantes, la poutine, ça reste vraiment dégueulasse… Allez, ce seront nos dernières poutines avant le retour en France. Pas question de se faire avoir une fois de plus par cette horreur.
La Ronde (c’est le nom du parc d’attraction, pour ceux qui n’auraient pas suivi) mérite sa journée de visite, même si je me rends compte que je ne supporte définitivement plus de devoir faire 45 minutes de queue pour une attraction de 45 secondes… désolé pour les inconditionnels, mais Disneyland a définitivement épuisé mes réserves de patience pour ce genre d’exercice. J’en viens à regretter les parcs où les attractions seraient payantes à l’unité, et où il serait possible de passer plus de temps à s’amuser qu’à s’emmerder..
À Montréal, nous faisons nos adieux aux connaissances locales.
À Québec aussi d’ailleurs. Chaque journée apporte son lot de séparations et d’au-revoirs.
Le temps file à une allure vertigineuse. J’ai peine à croire que cela fait déjà pratiquement un an que nous sommes dans ce pays.
La canicule ne nous a pas suivi. Elle est restée empêtrée dans le relief de Nouvelle-Angleterre, et si nous rêvions de piscine en traînant nos carcasses sous 38 degrés Celsius, la vue de l’eau bleue nous semble beaucoup moins affriolante par 25 petits degrés ambiants.
Juillet se termine. La fin est plus proche que jamais, et les deux semaines d’août qu’il nous reste pour jouir encore du Québec nous paraissent bien minces, d’autant qu’elles seront consacrées presque intégralement aux fêtes de la Nouvelle-France.
Mais une nouvelle me parvient, via Internet : Zidane reprend du service en équipe de France. Son retour dans l’hexagone coïncidera, à quelques heures près, avec le nôtre.
Cela fera donc deux grands hommes qui regagneront simultanément (si tant est que l’on considère Zizou comme un « grand homme » :-)) le bercail tricolore. Est-ce vraiment une consolation ?

3 Comments:

At 4:38 PM, Blogger Frédo Le Grand said...

Quelle prose! T'es mûr pour écrire un livre. As-tu le sujet?
Au fait, j'ai un doute sur le fait que vous receviez toujours mon courrier. Avez-vous changé d'adresse? La mienne a changé : fredolegrand-VILAIN-LE-SPAM@noos.fr (retirer l'anti-spam...).
A+ Frédéric

 
At 10:43 AM, Anonymous Anonyme said...

salut le parisien!

une petite correction: La statue de la liberté ne se trouve pas à Ellis Island mais sur une toute petite île nommée pour l'occasion Liberty Island.

J'avais eu la chance de visiter Ellis Island et c'est un de mes meilleurs souvenirs (je n'en ai pas beaucoup, on avait trop couru pour tout voir, comme d'hab..), c'est vraiment émouvant et on comprend vraiment sur le moment pourquoi le "communautarisme" tant décrié par le seb était inévitable, tant ce "déferlement" de millions de personnes parlant pas ou peu anglais dans seulement, pour la majorité, quelques villes, et dans un laps de temps aussi court, ne pouvait arriver qu'à un regroupement naturel des anciens compatriotes.

Pour compléter la visite guidée, 40% des américains (100 millions de personnes..) ont un parent qui est passé par Ellis Island. Et il y a encore entre 700 000 et 1 million de personnes qui sont naturalisés citoyens américains tous les ans..

Au fait, fredo le grand, il serait temps de t'occuper un peu de ton blog !! ;o)

Seb, n'oublie pas d'envoyer ton nouveau mail dès que tu l'auras.. ça me démange de te parler de la dernière fourberie du H...

le v

 
At 9:18 AM, Blogger Baz'Art said...

Moi aussi "Chicoutimi" ça me fait bien rire ! Sinon voilà un BIN beau récit tabarnouch !

 

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