jeudi, août 25, 2005

Août 2005 : I did it my way…

Comment rendre compte de ce mois d'août, tronqué pour cause d'inéluctable et forcément trop précoce retour en France, sans verser dans la dithyrambe ?
Comment évoquer les formidables fêtes de la Nouvelle-France ou encore les magnifiques feux d'artifice de loto-Québec, sans recourir à la prose commerciale des agents touristiques ?
J'ai l'impression, au fil de mes petits récits estivaux, de me transformer à mon corps défendant en représentant - bénévole, c'est le comble - de l'office de tourisme de Québec, dépourvu du moindre sens critique, investi d'une mission de promotion des festivals québécois auprès de mon modeste lectorat européen...
Pourtant, ne pas reconnaître à la ville de Québec, à travers ses innombrables activités estivales, les qualités et les hommages qu'elle mérite haut la main, relèverait de la cécité la plus complète et/ou de l'ingratitude la plus aveuglante.
Franchement, ce sublime été passé dans la capitale nationale de la belle province avait été taillé sur mesure pour nous forger des regrets en béton armé au moment de quitter ce pays formidable. Climat, événements, animations, et surtout amis, se sont passés le mot et ligués dans une improbable (et superfétatoire, car nous étions conquis de longue date) opération de séduction, de nature à faire fléchir le plus endurci des abstinents.

Nous pensions naïvement que le festival d’été de Québec constituait le met principal de la saison (cf. entrée relative au mois de juillet). Que nenni ! Avec ses centaines d’artistes et de concerts de tous poils, distribués aux quatre coins de la ville pendant 10 jours, transformant Québec en un gigantesque Woodstock (un peu plus bourgeois et un peu moins bab, tout de même), il ne s’agissait que d’un hors d’œuvre, une mise en bouche modeste, préfigurant ce qui allait suivre avec les fêtes de la Nouvelle-France.

"Sais tu c'est quoi" les fêtes de la nouvelle France, cher lecteur ? Non ? Alors je m'en «vas» de ce pas éclairer ta lanterne !
Soit pendant 5 jours un centre ville, délimité autour de son secteur historique, qui bat au rythme de la colonie française des 17ème et 18ème siècles, avec animations à chaque coin de rue, acteurs professionnels et bénévoles s'époumonant sur chaque place, spectacles et concerts à profusion, jeux et parades dans tous les sens, marché d'antan et marionnettes dans chaque impasse, figurants et visiteurs costumés de tous les côtés.

On chemine d'un site à l'autre, dans un tourbillon de jupons et de tricornes, au milieu d'un déferlement de corsets et de redingotes, entre ombrelles en dentelle et sabots de bois.
Le thème de l'année, "paysans et seigneurs", donne le ton des tenues de rigueur... Cette année, les lépreux ou le clergé n'ont plus la cote. L'heure est à l'hommage rendu aux "habitants" (terme usité à l'époque pour désigner les paysans) qui exploitaient la terre concédée en "rangs" (parcelles étroites tracées perpendiculairement aux cours d'eau) selon un système seigneurial.
Pour se mettre au goût du jour, mes femmes chéries revêtent les atours de rigueur (cf. photos), avec l'aide et le conseil avisés d'une collègue actrice au fait de l'organisation. Pour ma part, je dois contenter mon goût du déguisement avec un modeste tricorne de paille qui, mal assorti avec mon short (il fait toujours une température dingue) et mes t-shirts Morrissey, s'efforce de me donner une allure "Nouvelle-France" un rien baroque ! :-))
On se rend à un endroit pour assister à un spectacle précis (au choix, des babillages de femmes, les récits embellis du voyage exploratoire de Gédéon de Catalogne, le procès de l'histoire relatif au rôle joué par Pierre Dugua de Mons dans la découverte du Canada, les déboires de la famille Bell, les pitreries du Quartette à claques ou bien quelque concert de musique traditionnelle, entre folklore Acadien, Québécois, Breton ou Cajun...), et l'on s'arrête en chemin, retenu et suspendu à une représentation inattendue ou sous-estimée lors du décryptage du programme.
Il y a tant à faire ou à voir, partout dans la vieille ville, que l'on ne sait plus vraiment où donner de la tête, et plutôt que de courir d'une animation à l'autre, avec le risque de retard récurrent sur le début des représentations, on est tenté de s’établir dans l'un des espaces aménagés en "Nouvelle-France", pour y suivre le rythme de ses attractions quotidiennes.
Bon sang, à ce train là, on ne devait pas s'ennuyer tous les jours au temps de la colonie...

Comme deux événements qui se chevauchent valent mieux qu'un seul dans l'esprit bouillonnant des organisateurs de Québec, l'été est aussi la saison des grands feux d'artifice de loto-Québec (= le sponsor... ne perdons pas de vue que nous sommes en Amérique du nord, le continent du business) sis dans le majestueux cadre des chutes montmorency.
On sèche donc le concert Acadien du jour pour rentrer rapidement se changer (les costumes font toujours un effet boeuf sur les touristes de la Grande-Allée proche de notre appartement, ignorants des festivités "médiévales" qui égayent la vieille ville), avant de prendre pour la dernière fois la direction de ces chutes que nous avons tant explorées cette année, au fil de leurs métamorphoses saisonnières.
Cette dernière visite se donne des allures de bouquet final. Le feu d’artifice concocté par l’équipe italienne est impressionnant, sans nul doute le plus beau qu’il m’ait jamais été donné de voir. Bon, j’admets que c’était aussi la première fois que je payais pour assister à un feu d’artifice, habitué que j’étais à jouir gratuitement de ces spectacles nocturnes distribués à la belle saison. Mais comme on est ici au pays du profit, j’ai le regret d’affirmer que les feux d’artifice tirés gracieusement, par exemple lors de la fête de la Saint-Jean, ne valent pas tripette. Pas d’autre alternative donc, pour qui veut s’extasier devant les belles bleues et les belles rouges, que de débourser 12 dollars – par tête de pipe – pour s’asseoir dans l’eau et prendre des lumières plein les yeux. Bien sûr, les Québécois, «eux-autres», ne se mouillent pas les fesses, aguerris qu’ils sont à se déplacer partout avec leurs terrifiantes chaises pliantes de camping… En bons benêts innocents, nous n’avions prévu pour notre part qu’une minuscule couverture polaire, bien trop mince et étroite pour accueillir confortablement nos douillets postérieurs, ce qui nous donnait un peu l’air, avouons-le, de romanichels fauchés dans un camping de milliardaires. Mais c’était compter sans la généreuse spontanéité de ces si sympathiques québécois. Nous voyant tellement démunis, une voisine nous propose naturellement de nous prêter pour la durée du spectacle l’une des ses immenses couvertures de combat, taillée pour affronter sereinement toutes les manifestations à ciel ouvert.
C’est donc les fesses bien au chaud et bien au sec que nous avons apprécié ce beau spectacle, premier du genre pour Velma ébahie, mais terrassée malgré tout par le sommeil en milieu de show.
Les italiens nous en ont mis plein les yeux, et plein les oreilles pendant une bonne demi-heure, accompagnant leurs fusées des airs d’Ennio Morricone, Queen ou Frank Sinatra (je craque toujours pour «My way»).
J’apprends aujourd’hui, avec une tardive curiosité, que ce sont eux qui ont remporté la compétition 2005. Coup de bol : on peut donc se flatter, pour notre seule et unique représentation, d’avoir vu le plus beau feu d’artifice de la saison. Ca valait bien un cul mouillé et quelques piqûres de bibittes !

Une fois tournées les pages des fêtes de la Nouvelle-France et des feux loto-Québec, il ne reste plus qu’une ridicule ligne droite d’une malheureuse semaine avant le retour en France.
A peine le temps nécessaire pour profiter une dernière fois des amis rencontrés ici, et qui ont tant contribué à rendre ce séjour épanouissant. Cette dernière semaine est écartelée entre la jouissance des derniers instants passés ensemble et le chagrin lié à la pensée du départ. Derniers repas avec les amis (on se croirait dans la bible, ou bien chez Jacques Brel), derniers homards, derniers crabes des neiges, dernières tartes au sucre (finalement, on est plus chez Brel et son abondance païenne que dans la frugalité du nouveau testament), dernières baignades dans la piscine, derniers restos avec les collègues devenus amis, dernières courses dans la rue Cartier, dernières discussions avec les collègues de bureau restés collègues de bureau, derniers échanges d’adresses, dernières photos (histoire de dépasser la barre symbolique des 6000 clichés canadiens), derniers coups de fil, derniers dollars retirés, le moindre geste, la moindre action, est marquée du sceau déprimant de la «dernière fois».

En dépit des copieux chargements confiés à nos visiteurs du printemps, par anticipation sur la masse du surpoids à supporter au retour, nous nous retrouvons avec plus de 200 kilos de trop dans nos valises. D’ailleurs ces valises venues de France un an plus tôt ne suffisent plus à tout contenir. Il faut donc rendre une pénultième visite à Zellers, temple de la consommation bon marché, sis dans l’inhumaines place Laurier (centre commercial démesuré où nous avions abondamment traîné nos guêtres à notre arrivée dans ce pays, le temps de nous équiper du minimum vital), pour acheter en urgence, la veille du départ, quelques bagages supplémentaires. Ils ne suffisent toujours pas, malgré les 130 kilos prudemment expédiés par fret quelques jours plus tôt. La dernière matinée québécoise est donc sacrifiée à l’ultime virée chez l’ami Zellers, pour deux valises de rab. Deux courses en deux jours dans ce sanctuaire du bon-marché… j’avais espéré mieux pour occuper mes dernières heures québécoises :-(
Enfin, à la tête d’un imposant ensemble de 16 contenants (valises, sacs, cartons, raquettes…), nous nous sentons fin prêts pour affronter les cerbères d’Air Transat, qui informent, sur un ton parfois modérément correct, que l’embarquement débute 5 heures pleines avant le décollage !!! 5 heures ??? Le gros délire.. !
Comme ça, après les 15 minutes de formalités d’enregistrement, on est bons pour poireauter pendant 4h45 dans une salle d’attente sinistre avec une enfant qui va devoir passer ensuite 6 heures assis dans un espace clos… ils ne doivent pas avoir d’enfants, les employés d’Air Transat, pour envisager ce genre de scénario.
Bien évidemment, comme les bons forts en gueule qu’ils sont, ils ne sont pas fiables dans leurs renseignements. L’enregistrement ne commence pas 5h en avance (on a été bien trop cons de les croire), mais à peine 4h30 avant l’heure présumée du décollage.. Présumée, car à les croire, l’avion décollerait souvent avant l’horaire prévu, dès qu’il est plein et que l’embarquement, amorcé lui-même avec une belle avance, s’achève. Encore un beau baratin, qui aiguise l’aigreur provoquée par une bonne heure de retard au décollage.
Entre-temps, on a pris soin de choisir des places assises côte à côte à l’intérieur de l’avion.. car cette bonne compagnie d’Air Transat, qui ne recule devant aucune farce commerciale, fait payer en sus du billet, les places choisies par avance à bord de l’appareil. Donc, parents de familles nombreuses, dîtes-le vous bien, si vous voulez éviter de voir vos enfants dispersés aux quatre coins de l’habitacle, prévoyez de débourser 15 dollars par siège pour vous garantir des places côte à côte.. faute de quoi ce sera tant pis pour vous, et surtout tant pis pour les enfants en bas âge assis tous seuls à l’autre bout de l’avion.. Je n’invente rien, mon beau-frère a fait les frais de cette charitable politique familiale quelques mois auparavant en venant nous voir.
Nous avons plus de chance, 4h30 avant l’heure officielle du décollage (donc en réalité 5h30 avant l’heure réelle, pour ceux qui n’ont pas suivi), il reste encore trois sièges à côté. Une fois acquitté le salé excédent de bagages, nous pouvons donc consacrer tranquillement notre dernière après-midi québécoise à une conviviale farniente au bord de la piscine de l’immeuble, en compagnie de quelques amis chers.

En décollant du tarmac de Sainte-Foy, je repense à tous ces visages, et à tous ces beaux moments que nous aurons vécus ici pendant un an.

L’heure du retour sonne en même temps que celle des bilans.. le moment semble propice pour faire mienne la devise du Québec… : «je me souviens» (j'ai même hésité à en faire le titre de cette dernière entrée, mais j'ai trouvé ça un peu trop pompeux... finalement, j'ai opté pour My way, beaucoup plus simple, modeste... n'est-il point ? :-))
Et c’est peu dire que j’en ai moults, des souvenirs de cette contrée, que j’emporte avec moi de l’autre côté de l’atlantique.

Je me souviens d’abord de notre arrivée 12 mois plus tôt, détruits par le décalage horaire. Je me souviens de l’accueil des français locaux, mais aussi des premiers québécois rencontrés, de la découverte de ce nouvel univers, avec ses codes, ses règles formelles et ses rites officieux. Je me souviens de la course frénétique des premiers jours, des obstacles surmontés pour l’installation, des incertitudes quant à notre adaptabilité, en particulier au redoutable hiver québécois. Je me souviens de l’immersion dans la fonction publique québécoise, des premières excursions touristiques, de la saison des couleurs, des premiers flocons de neige, des froids intenses et du soleil de l’hiver, des glissades vertigineuses, des pluies diluviennes du printemps. Je me souviens des amitiés qui se sont nouées, des visiteurs venus nombreux d’Europe, des orignaux placides, des festivals incessants, de la tire sur neige, des cabanes à sucre, des virées en ski, en traîneau à chiens, en raquettes, en skidoo…

Plus loin dans le temps, je me souviens des espoirs et des attentes que j’avais fondés sur cette aventure… des rêves que je caressais avant le départ…des idées, vraies ou fausses, que je me faisais de ce pays grand comme un continent, jeune comme un adolescent à l’échelle de l’histoire de l’humanité… de ce que le Canada représentait pour moi, avant même de le connaître intimement, fort des fantasmes forgés au gré des lectures, des films et des reportages dévorés depuis des années avec avidité...

Au moment de quitter ce petit coin de pays, comme l'appelle Kim, j’ai le sentiment que mes attentes ont été comblées, j’ai l’illusion de connaître (un peu mieux) ce bout de monde, son histoire, sa géographie, ses mœurs et ses coutumes, ses habitants, avec leurs petits travers et leurs grandes qualités, cette langue si proche et pourtant tellement dépaysante pour nous autres français …

Je me souviens de ces lieux que j’ai à mon tour visités, sans journaliste ou narrateur interposé, de toutes ces villes explorées de fond en comble, ou simplement brièvement traversées : Québec la fortifiée, Montréal l’insulaire, Trois-Rivières l’ennuyeuse, Tadoussac la touristique, Rimouski la pêcheuse, Ottawa la studieuse, Toronto la métissée, Niagara-Falls l’aguicheuse, Sioux Lookout l’amérindienne, Winnipeg la commerçante, Edmonton la prospère, Jasper la montagnarde, Vancouver la magnifique, Victoria l’anglaise, Halifax la brumeuse, Peggy’s Cove la pittoresque, Louisbourg la fabuleuse, Campbelton la bilingue, Caraquet l’acadienne, Moncton la modeste, Charlottetown la tranquille, Saint-John l’anonyme,Percé la rocheuse, et, chez l’omnipotent voisin du sud, Boston l’indépendante, Providence la lovecraftienne, Salem l’ensorcelée…

Je n’oublie pas pour autant tous ces lieux, villes ou sites naturels, auxquels il aura fallu renoncer, faute de temps ou de moyens : Churchill et ses incroyables migrations d’ours blanc, le mythique Yukon des chercheurs d’or, le lointain Nunavut des Inuits, la 10ème province de Terre-Neuve & Labrador qui nous restera étrangère, la fameuse Baie-James des explorateurs, les célèbres Mille-Îles ontariennes, les minuscules Îles de la Madeleine et leurs phoques "enbanquisés", etc…

Je me souviens particulièrement, comme un souvenir plus cher que les autres, de la traversée longitudinale de ce pays gigantesque, à bord de ce train légendaire sur lequel la revue Géo m'avait fait nourrir des rêves d'adolescent bien des années plus tôt...

Je me souviens aussi et surtout de ces personnes que j’ai rencontrées, de tous ces amis que j’ai et qui m’ont adopté(s), comme de toutes celles et tous ceux que nous avons brièvement croisés, et qui tous, à leur mesure, ont contribué au succès de cette aventure canadienne.
Ces amis, ces collègues, ces collègues devenus amis, bref cette belle gang de chums que sont devenus la touchante Renée-Anne, les excellents Florence et Pierre-Louis, la sensible Christine des Loupiots, la «rockeuse» au grand cœur Chantal et son Lionel, la douce Pauline, l’impayable Kimberley, les inénarrables M. et Mme Vallières, les démocrates Zoé et Joe, les sympathiques M. et Mme Etchéverry, les adorables Céline et Robert, le facétieux Éric, le délicat Charles, les chaleureux Suzanne et Roger, les stupéfiants Marthe et Daniel, la discrète Géraldine, les placides Valérie et Nicolas, les merveilleux Tanya et Ivan, la délicieuse Pascale, les rigolos Yvana et Guillaume, les impayables Colette et Jean-Marc, les souverainistes Lucie et François, la patiente Christine de hertz, l’incomparable Gianpaolo et sa blonde-brune Christine, le boute en train Jean-François, la fragile Nathalie T., la souriante Nathalie B., l’indépendante Louiselle, la si généreuse Louise B., l’autre Louise B., la solide Anik, la tendre Linda, les authentiques Édith et Dave, les étonnants Carolle et Malcolm, la latine Fabiola, le gai Daniel C., le sérieux Michel R., le jovial Pierre-Paul, la francophile Sylvie M., la fausse blasée Nathalie C., le séducteur Jean, le sarcastique Daniel M., le faux ingénu David, la remuante Valérie, la mobile Clara, la rieuse Rita, les insaisissables Michel et Sylvie D., la prévenante Marie-Christine, l’enjouée Elsa, la dynamique Marianne, la gentille Élisa, sans oublier bien sur mes co-rameurs, embarqués avec moi dans cette délicieuse «galère», la douce Marie-Line, le rat des villes Yann, l’énigmatique Stéphane, la conviviale Sandrine, ni les collègues bloggeurs Sandy et Flo.
Sans oublier non plus toutes les copines et les copains de ma petite puce, Loupiots ou complices de baignade : la remuante France, le taquin Paul, le clown Émeric, le doux Isaac, la sage Adèle, la paisible Mélodie, la polie Émilie, le robuste Logan, le turbulent Youri, la calme Lilas, l’obéissant Benjamin, le riant Pierce, le ténébreux Louis, le grand Barett, le petit Chase…

Je me souviens également de tous ces personnages illustres, réels ou imaginaires, qui ont bercé mes lectures et mes songes pendant ces quelques mois : Jacques Cartier, Samuel de Champlain, Pierre Dugua de Mons, Louis Jolliet, Etienne Brulé,Jean de Brébeuf, Archibald Cameron of Locheill, Jules d’Haberville, Georges-Etienne Cartier, François-Xavier Garneau, Maurice Richard, Guy Lafleur, Ovide, Napoléon et Guillaume Plouffe, Denis Boucher, Jean Colin, Wolfe, Montcalm, Lévis, Murray, Jummonville, Monsieur de Maisonneuve, David Mac Lane, la sorcière Corriveau, le soldat Corriveau, Abraham Martin, Frontenac, Phipps, les frères Kirke, Dufferin, Duplessis, Jean Lesage, René Lévesque, Gédéon de Catalogne, le père Louison, Mononque, Dolorès et Junior Bougon, Biron, Lapointe, Conrad et Gastone, Marcel Galarneau, J.P. Labrosse et Gina Pinard….

Je me souviens de l’encouragement du V (je dis encouragement, mais injonction serait plus juste) en faveur de la rédaction de ce blog, qui m’aura valu tant de commentaires aussi sympathiques qu’inattendus, notamment ceux, fidèles, de ma fan numéro 1, Annie la québécoise expatriée en Roumanie, qui retrouvait peut-être sur ce journal venu du froid un petit parfum de sa terre natale.

Je me souviens de toutes ces visites en provenance de France, qui nous paraissaient si lointaines et tellement hypothétiques en septembre 2004, et qui paraissent à nouveau si lointaines mais tellement réelles en ce mois d’août 2005 : Olivier, Isabelle, François, Clémence, Aline, Jacques, Amélie, Christine, Brigitte, Nathalie, Thomas, Juliette, Déborah et Hélène…

Je me souviens aussi de ce Québec que j’espérais éviter, celui des brailleurs hystériques Céline-je suis formatée de la tête aux pieds-Dion et autres –je chante comme un loup-Garou et consorts… dieu merci tous sagement demeurés dans leurs lointaines contrées d’exil, Las Vegas pour l’une, la France pour tous les autres. Cela me conforte dans l’idée que les Québécois sont aussi fatigués que moi de cette génération de bébés-plamendon, et qu’ils sont trop heureux de pouvoir s’en débarrasser sur les voisins français. Je ne serai pas soulagé de les retrouver…

J’ai un peu plus de peine à me rappeler tous les chauffeurs de taxi croisés au gré des transports urbains, professionnels ou touristiques, tous les hôtels, motels, chambres d’hôtes, gîtes, couettes et cafés investis pour une nuit ou plusieurs jours au gré de nos aventures, tous les guides qui nous ont initié, à l’est comme à l’ouest, aux délices et aux surprises du Canada.
Ils n’en composent pas moins une masse plus ou moins anonyme de visages et d’enseignes aussi colorés qu’uniformément accueillants.

Tout est passé très vite, trop vite, beaucoup trop vite… Cette année a ressemblé à une étoile filante, sitôt entamée, déjà terminée. Elle nous laisse un fort goût de reviens-y…
Finalement, un an, c'est bien peu de chose lorsque l'on a du fun. Et l'on peut dire qu'en ce Québec convivial et chaleureux, nous aurons eu bein du fun en masse.
La masse, sans le fun, c'est maintenant ce qui nous attend de l'autre côté de l'atlantique, à travers les retrouvailles avec Paris..

Paris...
Aaaaahhhhhh.... quel plaisir de humer à nouveau ce délicat parfum de pollution au dioxyde de carbone.
Oooooohhhhh.... quelle joie de retrouver ce ciel grisâtre, été comme hiver.
Eeeeeyyyhhhh…. quel étonnement de reprendre contact avec les hystériques chauffeurs franciliens qui dégainent bruyamment l’agressif klaxon au moindre prétexte bénin. Ces gens-là ne parlent pas, ils aboient !
Huuuummmmmm.... et quel bonheur de renouer avec ces visages renfermés et hostiles croisés au hasard des rues ou des couloirs de métro.
En parlant du métro, tiens justement, j'avais oublié à quel point il était sale, et malodorant... mon vieux métro qui pue, ça me fait bien plaisir de t'revoir !
De toute façon, je n'ai pas trop le choix, si j'escompte d'échapper aux embouteillages délirants du périphérique parisien, ou aux affres aliénantes du stationnement impossible.
Mais, que vois-je ?
Qui se dresse derrière les parisiens stressés, sous les vapeurs des pots d'échappement, dans la pénombre du métro.....?
Non, je ne rêve pas ?
Ce sont bien tous les amis et parents délaissés pendant un an, qui attendent et saluent notre retour au bercail.
Les chums, c'est trop cool de vous revoir.
En fait, c'est même la meilleure nouvelle de cette fin d'été.
On a grand hâte de se retrouver en votre compagnie, autour d'une bonne table ou d'une bonne partie. Et puis, on a tellement de chose à vous raconter !
Comment ? Vous savez déjà tout grâce à la lecture attentive du blog venu du froid ?
Mince... alors nos anecdotes, nos récits de voyage, nos découvertes, nos rencontres, vous les connaissez déjà ? Bon...:-(
Mais rassurez vous. On a quand même pas tout mis dans le blog. On en a gardé un peu sous le coude pour les retrouvailles. Ca vous intéresse quand même un peu ? Et puis n’oubliez pas que les plus motivés d’entre vous auront droit à la soirée photos… qui devrait durer tout un week-end (fini d’appeler ça «fin de semaine», je reviens au bon vieux français de France), le temps de faire le tour des 6000 prises de vue, et des essentielles vidéos d’orignaux…. Hey, attendez, partez pas si vite ! Vous, de votre côté, il va falloir que vous nous disiez comment vous avez passé l'année, sans nous... c'était pas trop triste ?
Si ?
Aaaaaahhhhhhhh....
Finalement, il y quand même un peu de bon à rentrer au pays…

Et puis, maintenant que nous avons repris contact avec le sol et la réalité parisienne, il nous reste toujours un refrain pour nous bercer des riants souvenirs québécois, inspiré par le grand Robert, un des trois grands chansonniers du Québec si l'on en croit les partisans de la cause souverainiste. Et voilà que depuis quelques heures, depuis quelques jours, et pour quelques semaines ou quelques mois encore à n'en pas douter, je ne cesse de fredonner, tout seul dans ma barbe, ou en coeur avec ma petite Velma :

"Si j'avais les ailes d'un ange,
Je partirai pour..... QUEBEC !"

7 Comments:

At 1:30 AM, Anonymous Anonyme said...

belle année, dont vous avez profité pleinement !

il ne te reste plus qu'à demander une nouvelle mutation... Pourquoi pas l'asie ? quoi qu'avec ton goût pour la fête je te verrai bien en amérique latine. bon, c'est clair qu'il n'y a pas beaucoup de francophones par là-bas !..

en attendant, j'attend le "blog qui venait du gris "! (rires)

le v

 
At 3:58 AM, Anonymous Anonyme said...

Elle retrouvait effectivement ici un certain arome connu et ca lui manquera....
Bon retour chez vous!

Annie

 
At 7:41 AM, Anonymous Anonyme said...

Merci Seb pour ce joli récit qui m'a donné les larmes aux yeux :((
Welcome back, nous aussi on en a du fun à donner ;-)
Marie from the crazy moz fan club

 
At 9:00 PM, Anonymous Anne said...

Ca a pas d'allure; tu travaile tu pour le bureau de touriste,

Cé eux-autres ton SPONSOR ("commanditaire" a Kebec City pour tes frencais de France).


Ca fa rien jé lu toute ton blog et pis y é ben beau.

Y a même des gran boutte que on croirait une épopé.

Faudra que tu continusse pace que j'aime te lire ( je suis sur que y en a ben d'autres qui pense de même), tu ecris de façon lyrique.

Ben des fois c'est un peu fleur blue, mé cé pas grave.
On sé que tu a été contaminé par des gars de la Gestion Des Ressources Humaine.
Du ben bon monde mais avec un trop grand coeur.

Saluations

Anne

PS

Un habitant ce n'est pas et n'a jamais éte un "paysan".

Tu vas insulter les gens dans le mauvais sens si tu dis et pense ça.

Souvent ils étaient pas trop instruits mais ils ont toujours été des hommes libres et indépendants qui pouvaient choisir leur destin.

Verifie en encyclopedie!!

Anne

 
At 8:31 AM, Anonymous Anonyme said...

Euh...ben c'est pas pour relancer Anne, mais quoi qu'en dise l'encyclopedie, on utilise bel et bien le mot "habitant" dans son sens pejoratif, pour parler des paysans ou des gens peu instruits...Peut-etre pas partout au Quebec, ca je ne sais pas, mais dans plusieurs regions c'est frequemment utilise.

Annie

 
At 6:20 PM, Blogger GeNeViEvE said...

Incroyable,
Je viens de découvrir votre blog, 4 jours après que vous ayez quitté mon merveilleux coin de pays. J'aurai beaucoup de lecture a faire:)

Québecement vôtre!

 
At 10:03 AM, Anonymous Isa said...

Bonjour,

Un coup de chapeau pour ce blog "québécois" plein d'humour et où j'ai retrouvé nombres de sensations connues. Chaceux que vous êtes d'avoir passé un an là-bas.

 

Enregistrer un commentaire

<< Home