lundi, juin 06, 2005

Mai 2005 : nous voyageons dans le passé (entre autres)

Promis, en ce mois de mai, je ne m’appesantirai pas sur le temps.
J’ai trop exploité le filon climatique depuis le début de ce blogue, au fil des entrées précédentes, pour développer encore d’avantage sur les atermoiements météorologiques de la belle province.
Pourtant, il y aurait largement de quoi dire.
Entre des températures lamentables oscillant laborieusement entre +5 et +15 degrés Celsius, sous des pluies ininterrompues et redoublées les «fins de semaine», entre des bourrasques de vent à décorner tous les bisons de l’île d’Orléans ou à suspendre le trafic des traversiers entre les rives éloignées du fleuve, sous la grisaille déprimante d’un ciel en peine qui n’en peut plus de pleurer et de s’assombrir, le mois de mai s’est donné beaucoup, beaucoup de mal pour ressembler au mois d’avril.. encore ce dernier avait-il consenti, dans ses instants d’égarement, ou de clémence, à quelques lumineuses et chaudes journées, pour laisser entrapercevoir les jours meilleurs à venir…
Mais le mois de mai ne connaît pas la clémence… «en mai, tu vas en baver» : tel semble être l’adage populaire revu et corrigé en cette contrée, à cette période de l’année.
Bien sûr, j’entends, de ci de là, les sceptiques ou les optimistes qui ressassent que ce mois de mai est anormalement pourri, et qu’il n’en va pas de même d’habitude… mais comme ils disaient déjà la même chose tous les mois précédents («ce mois de septembre est incroyablement beau pour la région», «ce mois de décembre est plus enneigé qu’à l’ordinaire», «ce mois de janvier est moins froid que d’habitude», «ce mois de février est exceptionnellement doux pour la saison»…) j’en suis arrivé à ne plus leur prêter guère d’attention.
Donc, pour en terminer avec le sujet du temps que j’ai promis en introduction de ne pas aborder, le printemps au Québec, entre les ondées d’avril et les grand’ mers de mai, c’est une vraie saison de merde !
Espérons que le mois de juin sauvera l’honneur car Vancouver sous la pluie, c’est sûr, ce sera « plate » !.
Autant pour la question du ciel, qui ne sera donc pas développée dans cette entrée :-)

En tout cas, des mois de mai au Québec, nous n’en aurons qu’un, donc foin de lamentations, action, réaction, nous continuons notre périple Canadien d’est en ouest, du nord au sud.
Au nord de Québec, précisément, nous prenons d’assaut les hauts lieux touristiques de la région du lac Saint-Jean, gigantesque mer intérieure, qui évoque au choix le lac Léman sans le jet d’eau, ou la mer morte sans la salinité…
Le premier lieu d’importance historique majeure dans les parages s’appelle «le village fantôme de Val-Jalbert».. (Voyage dans le passé, première…)
Si, si, vous avez bien lu «fantôme» !!!
Forcément, avec une telle carte de visite, il n’en fallait pas plus pour aiguiser notre curiosité supernaturelle.
Le contexte tout d’abord : au bord de la chute de la rivière Ouiatchouan (nom indien), un industriel éclairé implante au tout début du 20ième siècle une usine de production de pâte à papier, et construit de toutes pièces un village tout autour pour loger ses ouvriers.
En quelques mois, sortent donc littéralement de terre de coquettes bicoques de bois, dotées de tout le confort moderne (eau courante, électricité, chauffage… etc), qui composent, autour des services «publics» de rigueur (couvent-école, poste, General Store, hôtel, église), et des agréments de la modernité (éclairage public, service de bus, bouches à incendie régulières…) un très agréable cadre champêtre.
Vu le prix des prestations (8-9 $ de loyer mensuel pour la maison, plus 1 dollar mensuel pour les services), les ouvriers de Val-Jalbert font figure en cette aube de siècle nouveau, de privilégiés dans un modèle de ville dite «de compagnie».
Mais la belle histoire ne dure pas longtemps. Une conjoncture économique défavorable entraîne la faillite de la compagnie à peine 25 ans plus tard, et en 1928, la bourgade ne survit pas à la fermeture de la pulperie et à la coupure consécutive de l’électricité.
Les décennies qui succèdent se chargent ensuite, au gré des intempéries sévères qui caractérisent la région, de donner aux lieux un aspect hautement lugubre, entre toitures éventrées par le poids de la neige, maisons à l’agonie faute d’entretien, chemins à l’abandon recouverts de mauvaises herbes, forêt épaisse qui investit les lieux désertés par l’homme, et usine délabrée, où ne résonne plus que le bruit de la chute et des animaux de passage.
La visite des lieux est hautement intéressante, non seulement pour son aspect «ville de compagnie» du tournant du 19ième et du 20ième siècle, en tant que création artificielle, reflet fidèle mais fragile de la prospérité éphémère de son centre de gravité économique, mais également pour le charme nostalgique qui émane de ces lieux, témoins d’une époque révolue où se sont entrechoqués des modes de vie en profonde mutation.
Bref, Val-Jalbert, c’est un lieu extra, à mi-chemin entre la ville western à l’abandon, et la ville moderne expérimentale, testée en grandeur nature, avec de vrais gens, de vraies famille, bref de vraies tragédies de chair et de sang pendant plus de deux riches décennies.
Notre guide de routards (que nous sommes à n’en point douter) nous confirme qu’il se dégage des lieux une indiscutable mélancolie. Et c’est vrai que sous ce ciel lourd et froid de mai, en l’absence des figurants costumés qui égayeront les lieux pendant la haute saison touristique (juillet - août), Val-Jalbert silencieuse et déserte donnerait presque des frissons… pour tout dire, le mot mélancolie sied certainement au décor, mais le substantif original de «lugubrité» pourrait presque être inventé pour lui.
En tout cas, pour une imagination fertile, en manque d’au-delà, c’est un contexte à fort potentiel !
Pour en avoir le cœur net, nous choisissons donc de passer la nuit sur place.
Pour les toqués de notre espèce, les quelques chambres de l’hôtel / General Store ont été retapées à neuf, et un gardien surveille l’entrée du site jusqu’à 3 heures du matin…
Et c’est absolument tout.
Pas d’autre employé ou préposé de tout poil à la ronde. Pas de personnel dans l’hôtel, pas de chien dans le parc, pas de voisin à portée de voix, et bien sûr, pas de téléphone ou de télévision… en fait, nous sommes bien heureux de trouver de l’électricité dans notre chambre, ainsi que de l’eau chaude dans la salle de bain.
Bientôt, la lune voilée dispense le seul éclairage public que connaissent les lieux depuis près de 80 ans…
Les rares touristes de la journée ont déserté le site depuis longtemps, et la cahute du gardien, postée à l’orée des bois, au niveau du parking, paraît bien loin, et en tout état de cause, totalement hors de vue et d’oreille.
Inutile de préciser que nous sommes les seuls clients de l’hôtel… et que les employé(e)s du site n’ont toujours pas du se remettre totalement de voir une paisible petite famille renoncer consciemment aux charmes discutables des communes avoisinantes, pour celui, fort subjectif, d’une inquiétante ville fantôme.
Qu’importe : nous sommes désormais les maîtres des lieux.
Maîtres de pas grand chose, à vrai dire…
Une poignée de maisons remises sur pied, aux trois-quarts vides, et une bonne quantité de ruines vénérables, lourdes de souvenirs et de secrets.
Le grondement de la chute, omniprésent, écrase le silence de tout son poids envahissant, comme un sourd et funeste pressentiment.
La journée a été riche et longue, donc nous n’optons pas pour la séance de cache-cache nocturne dans les débris de bois du village (idéal pour digérer en flippant, ainsi que pour se vautrer nocturnement sur quelque clou ou écharde «tétanosé») et, après un «souper» de poisson dans un restaurant éloigné («on aimerait goûter le fameux «ouananiche» - encore un nom indien … désolé monsieur, mais il a beau figurer sur la carte et sur la pancarte extérieure du restaurant, nous ne le servons pas encore à cette période de l’année… bon, dommage, pour la peine, nous ne goûterons pas la célèbre tarde aux bleuets du lac St-Jean…» on prend les mesures de rétorsion qu’on peut contre la publicité mensongère…), nous nous couchons bien sagement dans notre chambre particulière, de notre hôtel privé, de notre village fantôme personnel !
À 23 heures, tout le monde dort dans la chambre, autant dire dans l’hôtel, voire dans le village… ah non, pas tout à fait… le gardien est supposé faire son office, espérons donc que lui, au moins, il ne dort pas.
À 3h du matin, le gardien quitte les lieux.
Nous sommes dès lors, plus que jamais, les seules et dernières âmes vivantes (en présumant que les animaux n’ont pas d’âme, c’est mon prof de catéchèse qui m’a appris ça quand j’étais petit) présentes sur les lieux.
Bien sur, à cette heure tardive, ou matinale selon les sensibilités, nous nous moquons éperdument de cet état de fait, profondément enfouis que nous sommes dans les recoins éloignés du royaume du sommeil.
Mais à 3h11, Val-Jalbert se réveille !
Du moins, moi, la tête écrasée sur mon oreiller, je me réveille en sursaut…
Quelque chose, dehors, de suffisamment étrange, m’a extirpé brutalement du pays des songes…
Dans les ténèbres, assis sur le lit, je tends l’oreille pour capter les accrocs du silence…

C’est d’abord un tintement léger qui retentit à faible distance et attire mon attention.
Pas besoin de se tordre les neurones pour situer ce bruit métallique : la cloche de l’école voisine, sous la poigne délicate d’une fragile sœur enseignante, sonne la fin des cours…
Des rires d’enfants étouffés parviennent jusqu’à la chambre : les écoliers qui remontent la rue principale, débarrassés de la pression scolaire ecclésiastique, partagent sur le chemin de la maison, les jeux et les plaisanteries qui caractérisent leur âge juvénile.
Des éclats de voix confus montent maintenant du magasin général situé sous notre plancher… des hommes débattent ferme du prix des derniers articles livrés… leur confortable salaire de 25 $ par semaine, ne leur permet toutefois pas de luxes inconsidérés.
Plus loin, un long crissement strident marque l’arrêt provisoire des wagons de chemin de fer devant l’usine de pulpe, attendant d’avaler leurs chargements de feuilles pressées, à destination de l’Europe ou des États-Unis.
Et ce brouhaha, encore plus loin, c’est celui des ouvriers qui se croisent, ceux-ci ayant terminé leur «shift» et reprenant le chemin de leur petite masure, ceux-là qui leur renvoient leur salut avant de prendre leur ouvrage pour les 8 heures à venir, à écorcer, broyer, effriter, amalgamer, et essorer la précieuse pâte à papier.
Leurs voix sont assourdies par le raclement des centaines de troncs d’arbre, acheminés par voie d’eau, jusqu’aux portes de l’usine, sous les coups de pique experts des maîtres draveurs.

L’horrible réalité me glace le sang !
Dans son sentiment de solitude inexpugnable et sa certitude d’isolement absolu, le village de Val-Jalbert, abandonné à la seule nature pour quelques heures, rend ses habitants au simulacre de la vie, livre aux ruelles ses spectres frustrés, et poursuit vaille que vaille sa vocation fondatrice.

Mais cette illusion de solitude totale ressort d’une erreur de jugement. En dépit du bon sens élémentaire, qui devrait pousser tout touriste normalement constitué à poser ses valises près des lieux de vie ordinaires, une petite famille française a bel et bien choisi ce site improbable et désolé pour passer la nuit. Sans publicité, nous avons occupé cette chambre, au premier étage du General Store dont les locataires de basse saison doivent d’ordinaire pouvoir se compter sur les doigts d’un manchot.
Et cette audace inédite nous projette subitement au cœur d’un rituel centenaire interdit aux yeux des vivants !

Malgré les battements assourdissant d’un cœur frénétique, la curiosité l’emporte sur la peur. Dans un élan de courage incontrôlé, j’opte pour le coup d’œil indiscret, depuis le point d’observation avantageux que confère la chambre au premier étage de l’hôtel, avec vue sur la rue principale.
Furtivement, je me glisse hors du lit (ce n’est pas vraiment le moment de réveiller mes deux amours), j’avance jusqu’à la fenêtre. Avec un luxe infini de précautions, je relève le store de quelques centimètres et j’écarte le rideau de dentelle…

Le spectacle extérieur me laisse bouche bée !

Il n’y a rien…
Ni spectre en goguette, ni silhouette fantomatique d’enfant, ni calèche surgie du passé, ni cheval décharné, ni train fumant, ni ouvrier ou religieuse livide… rien que la nuit, le vent, et le grondement de la chute, en guise de défi perpétuel au silence oppressant.
Les maisons de Val-Jalbert sont telles qu’elles étaient, quelques heures plus tôt, sous la lumière diurne, les unes fières et branlantes, les autres éventrées et agonisantes, oubliées de toute vie depuis un peu moins d’un siècle !
Tout le reste, les voix, la cloche, les rires, les wagons, n’était que le fruit d’une imagination complice, stimulée par un environnement propice et un contexte inspirant.

Et pourtant, s’il est un lieu où le pathos, la souffrance et la frustration auraient pu produire leur chargement d’âmes en peine, c’est bien le village de Val-Jalbert, dont la brièveté de l’histoire (décrite plus haut) n’a d’égale que l’intensité des drames humains qui s’y sont joués : épidémie de grippe espagnole en 1918, qui terrasse la quasi-totalité des femmes en couches et des enfants, fermeture brutale de l’usine suite à l’effondrement du cours du papier, coupure unilatérale de tous les services domestiques offerts par la compagnie, laissant les dernières familles dans le froid, le silence, et l’obscurité.
Tout aurait dû concourir à créer ici, un nexus favorable au retour des malheureux….
Leur absence persistante ne peut donc signifier qu’une seule chose : les fantômes n’existent pas ! Quelle désillusion…
Quant à moi, il ne me reste plus qu’à me rendormir, afin de ressusciter cette vie et cette époque révolues en songe, à défaut de pouvoir compter sur la perméabilité du royaume des morts pour faire le travail.

Au petit matin, les derniers stigmates évanescents des folles illusions nocturnes achèvent de disparaître dans les premiers rayons d’un faible soleil.
Nous avons fait le tour des mystères de Val-Jalbert. Nous n’y reviendrons certainement pas sous la canicule et nous ne souhaitons pas y entendre les applaudissements enthousiastes des touristes devant les acteurs estivaux bénévoles, car pour nous, dorénavant, Val-Jalbert rime avec solitude, recueillement, et nostalgie. Mais que l’on ne s’y trompe pas : il s’agit bien de belles émotions offertes par un décor fascinant, et nous repartons conquis par ce lieu hors du temps.

L’autre attrait touristique majeur de la région du lac Saint-Jean, c’est l’incontournable zoo, pardon "zou", de Saint-Félicien, proclamé «plus beau zou du Québec» par notre inépuisable guide.
La perspective de rencontrer de près la faune boréale n’est pas pour me déplaire, moi qui déplore depuis des mois de ne voir d’orignaux et d’ours que sur les panneaux au bord des routes.
Bien sûr, des animaux morts, écrasés sur la chaussée, nous en avons vus plus que notre lot : largement de quoi remplir la Palmyre…des kilos de ratons laveurs, marmottes, castors, chats, et surtout espèces non identifiables, rendues méconnaissables par la bouillie écœurante des viscères et des poils, sous l’agression barbare des pneumatiques en folie.
Mais de vivants, de sains et bien portants, traversant paisiblement, du pas tranquille et indifférent du sénateur sylvestre, ou urgemment, poussés par quelque instinct sauvage apeuré, la chaussée de bitume, nous n’en avons vu goutte !
À peine, en cherchant bien, a-t-on pu voir un modeste couple de marmottes, provisoirement séparées par le ruban d’asphalte, le long du lac St-Jean (en attendant probablement que l’une ou l’autre se fasse rouler dessus), quelques biches au bord d’un lac, aperçues au crépuscule dans les cantons de l’Est, ou une autre marmotte plus curieuse que la moyenne de ses congénères dans le village de Val-Jalbert. C’est bien trop peu pour un pays doté d’un potentiel aussi quasi-illimité que le Québec.
Donc, le zou de Saint-Félicien, ce sera à n’en point douter l’occasion de faire le plein de poils et de plumes en toute sécurité, aussi bien pour nous que pour les bébêtes.
A l’entrée du zou, un choc : le coût du billet. Près de 30 dollars par adulte (pas loin de 20 euros), 11 dollars pour un enfant de 3 ans. Les apôtres de la boréalie n’y vont pas avec le dos de la cuillère. À côté de ce coup de massue, les 13 euros de droit d’entrée au zoo de la Palmyre suscité font figure d’aumône charitable.
Bon, on a certainement pas fait tout ce chemin pour renoncer devant un coup de fusil, aussi sec soit-il, et après la torpeur de Val-Jalbert, un peu d’animation nous fera le plus grand bien.
Au diable l’avarice, nous attaquons hardis la visite exploratoire de ce temple de la nature.
La partie pédestre de l’édifice n’est pas d’un intérêt supérieur. On reste dans du classique, bien fait mais sans surprise. Le petit film «multisensoriel» qui précède la balade est agréable et sympathique, mais ne casse pas les briques annoncées.
En fait, l’intérêt du zou réside dans sa seconde partie, constituée autour d’un grand parc naturel, dans lequel les animaux évoluent à leur guise, en quasi-liberté, les uns avec les autres (seule limite : les prédateurs sont séparés de leurs chaînes alimentaires sinon il n’y aurait rapidement plus que des loups gras et repus à contempler).
Le visiteur se déplace pour sa part dans un petit train un rien kitsch, garni de barreaux de tous côtés, et propulsé à rythme d’escargot par une voiturette blindée.
Cette plongée dans le royaume sauvage permet de faire de bien belles rencontres, à portée de main, ourse et ourson par ici, orignaux (enfin !!) par là, chiens de prairie par centaines de ce côté, caribous par dizaines de celui-là, marmottes à droite, loups à gauche, bisons devant, bœufs musqués derrière.
On apprend au passage que, en dépit des apparences, l’animal le plus dangereux du parc est bien ce dernier, car le mâle dominant du troupeau, orné d’une imposante paire de cornes, a la fâcheuse manie de charger violemment le train, et tout particulièrement son dernier wagonnet… une goutte de sueur ruisselle le long de la colonne vertébrale de ses passagers, tandis que ce mâle acariâtre semble peser le pour et le contre… mais la prudence finit par l’emporter, dévoué qu’il se trouve pour la circonstance à la protection d’un nouveau-né du matin, en plein apprentissage de la marche à quatre pattes. D’ailleurs, les nouveaux-nés de toutes espèces donnent à cette réserve des allures délicieuses de pouponnière.. il faut se retenir pour ne pas descendre du train et ramasser l’ourson pataud qui chemine au bord du fossé. La présence intimidante de son énorme mère achève cependant de convaincre que ce serait une mauvaise idée.
En conclusion, si le zou de Saint-Félicien vaut le coup, c’est bien pour cette seconde partie de la visite, qui donne à voir ce que les forêts canadiennes ont d’ordinaire tendance à cacher mesquinement, à savoir la vie sauvage dans son rythme et dans son habitat naturels.

Sur la route du retour vers Québec, comme une récompense pour nous être montrés bien malgré nous si patients dans nos ardeurs de rencontre impromptue avec la faune canadienne, la forêt nous offre la saisissante vision d'un loup sortant du bois, au passage de notre véhicule. La bête prudente ne s'avance pas sur la chaussée (elle a dû voir elle aussi les monceaux de ratons laveurs en charpie), mais bien campée à l'orée de la forêt, elle s'expose longuement au regard admiratif de ses spectateurs incrédule. L'apparition magique et exclusive, puisqu'il n'y a que nous sur cette longue route isolée, conclut de façon miraculeuse cette journée nature. Bien sûr, nous nous plaisons à voir un loup, là où il pourrait aussi bien ne s’agir que d’un simple coyote (hey, c’est déjà pas si mal… perso, je n’avais encore jamais vu ni loup ni coyote en liberté…). En effet, nous savons, depuis notre visite à St-Félicien, que seul leur hurlement respectif permet de distinguer l’une de l’autre les deux variétés de canidés. Va pour le loup, donc, car nous n’irons pas lui chatouiller les narines pour l’écouter chanter !

La fin du mois de mai approche, sous ses invariables averses, et la date de notre aventure transcanadienne devient imminente. Mais avant d’aller voir à l’Ouest du pays si le ciel est plus bleu («Go west, where the skies are blue» ?), nous nous fendons d’une petite visite au Cyclorama de Jérusalem ! (Voyage dans le passé, seconde…)
Un nom pareil, ça ne s’invente pas, et il y avait longtemps que cette rotonde incongrue, plantée à quelques encablures de la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré, titillait notre curiosité.
Les premiers indices sur sa nature, glanés auprès de mes collègues québécois, n’avaient guère éclairé notre lanterne.
«C’est-tu quoi ça le Cyclorama de Jérusalem ?»
«Ça doit être un site de vitesse pour bicycle !» (pour les béotiens, bicycle = vélo en québécois)
«Que nenni chers amis, il s’agirait en fait d’une toile de maître peinte à la fin du 19ième siècle, figurant, sur 360 degrés, le panorama de la ville sainte à l’antiquité…»
Stupeur et déconcertation défilent sur les visages de mes interlocuteurs… J’enfonce le clou :
«Il paraît que c’est saisissant de réalisme, et que le Québec a de bonnes raisons de s’enorgueillir d’une telle œuvre. Quelqu’un l’a-t-il déjà vue ?»
À cet instant précis, je me découvre des talents télépathiques, lorsque je crois entendre, en une belle symphonie, résonner dans le vortex de mes confrères, l’imparable sentence : «Maudit français». Je n’insiste pas davantage…
La curiosité a beau être un vilain défaut, c’est elle qui nous permet néanmoins de patienter sagement pendant les longs mois d’hiver précédant la réouverture printanière (comme d’hab) de ce site intrigant, et mi-mai, nous en découvrons enfin le secret.
Comme prévu, il s’agit bien d’une toile monumentale, installée à 360 degrés autour du spectateur, qui donne à contempler Jérusalem pile poil le jour de la crucifixion du Christ sur le mont Golgotha. Cours de rattrapage pour les ignares du nouveau testament, cours de peinture pour les amoureux du style classique réaliste qui sévissait à la fin du 19ième siècle, cours de géographie pour les ignorants de la topographie israélo-palestinienne (je ne veux froisser personne sur cet «épineux» sujet… désolé pour l’humour opportuniste)… le cyclorama est tout cela à la fois et bien plus encore. C’est naturellement un voyage dans le temps et dans l’histoire de la civilisation judéo-chrétienne qui est proposé au fidèle comme au mécréant. Le degré de détail est tel que lorsque l’on s’arme de jumelles et que l’on plonge son regard grossissant dans les rues de la ville, on en découvre une infinité de détails autrement invisibles à l’œil nu. La ville vit, et déverse ses hordes affairées dans ses ruelles, sur ses places, dans l’horizon de sa campagne alentour. C’est assez fascinant et envoûtant à la fois.
Mais le voyage dans le temps n’offre pas que l’option – 2005 (en fait, les exégètes argueront du fait que le décompte des années n’a pas précisément démarré avec la naissance du christ, mais je ne suis pas un exégète, donc je simplifie..).
C’est aussi un voyage dans une époque plus récente, au début du 20ième siècle (encore, comme Val-Jalbert.. pas étonnant vu que les vestiges d’une histoire plus ancienne au Québec font rapidement défaut), au temps où le cinéma, et à plus forte raison la tv, n’existaient encore qu’à l’état de fantasmes diaboliques dans l’esprit dérangés d’inventeurs fous. Les gens d’alors pouvaient ainsi se donner une illusion de vie, de spectacle, et de toile animée, par l’entremise de ce type de cyclorama. Comme vestige de cette époque, et de ce mode de divertissement, le Cyclorama de Jérusalem est donc une authentique curiosité, même si l’on demeure imperméable aux qualités énumérées plus tôt. Nous avons bien fait de nous montrer patient. Mes collègues ont eu tort de ne pas se montrer d’avantage curieux.

Fin mai arrive enfin, et sitôt déchargés de notre petite, mais collante, adorable puce, nous nous embarquons avec jubilation dans notre traversée du pays en train, maintes fois rêvée avant ce séjour au Canada, ardemment aspirée depuis notre arrivée au Québec, et nocturnement idéalisée un bon paquet de nuits depuis l’achat des billets idoines.
Le gros morceau du mois, pour ne pas dire de l'année, arrive enfin.
Le transcanadien va nous conduire, tout au long de ses 4.424 kilomètres de voies ferrées, de Toronto, capitale économique de l'Ontario, et de l'est canadien, vers Vancouver, son homologue occidental. Au total, le train traversera 5 provinces distinctes (Ontario, Manitoba, Saskatchewan, Alberta, Colombie-Britannique), 4 fuseaux horaires, et des paysages aussi diversifiés que le sud d'un pays continental peut en offrir sur une aussi grande distance.
Tout cela se décline en deux formules distinctes. Une formule en classe éco, accessible via un «pass» valable sur l’ensemble des trains nord-américains, ou une formule supérieure, qui inclut douches, couchettes, et repas tout au long des trois jours de voyage.
Malgré le prix, deux fois plus élevé par rapport à la classe économique, fort ironiquement baptisée classe «confort», nous optons pour ladite version supérieure, car une rapide projection de nos organismes à une échéance de 72 heures, privés d’hygiène, de restauration, et laborieusement reposés, trois nuits durant, sur des fauteuils modérément inclinés, suffit à nous persuader qu’il serait débile de s’acharner à transformer de la sorte en cauchemar ce qui avait initialement été envisagé comme un rêve. Tant pis pour le compte en banque, bonjour le luxe. Ce voyage sera confortable et mémorable ou ne sera pas.
Mais avant de nous embarquer dans cette douillette croisière sur rail, il nous faut rejoindre son point de départ, Toronto, depuis Québec.
Le trajet entre Québec et Toronto, via Montréal, à bord du train «Corridor» (quel sens de la formule, ces gens de Via Rail Canada) nous permet de nous familiariser avec les transports ferroviaires de ce pays. Et c’est clair que pour le voyageur français, accoutumé à se déplacer avec les genoux plantés dans le menton, coincé entre les sièges exigus des trains de la SNCF, le dépaysement est brutal. La classe éco canadienne (jusqu’à Toronto, pas de folies de portefeuille) est plus spacieuse que la première classe française. Les sièges s’inclinent largement dans une posture qui réussit la prouesse d’être confortable sans devoir pour cela en passer par le broyage en règle des jambes du voisin de derrière.
L’intérieur du wagon évoque davantage l’habitacle d’un avion de ligne, et de fait, il n’est accessible qu’au terme d’une période préalable d’enregistrement, au cours de laquelle le voyageur est débarrassé de ses bagages trop volumineux qui atterrissent en soute. Bref, le délire.
Le train canadien, est donc incroyablement confortable, moderne, lumineux… mais aussi affreusement lent. Ici point de train à grande vitesse. Le voyageur sur rail est un voyageur qui a fait le deuil de la vitesse. Il opte sciemment pour un mode de transport paisible, qui prend son temps, et invite à la méditation contemplative, les yeux rivés sur un paysage qui défile à un rythme humain. Etrange coïncidence d’ailleurs, qui fait correspondre notre départ pour ce voyage sur rail avec la sortie du nouveau numéro de la revue Québec Magasine, lequel consacre un volumineux dossier à cet art de voyager en train, bien loin des «très pressés», qui traversent un pays en une poignée d’heures, et se félicitent de descendre de leur bus pour les seules arrêts photos imposés au programme de leur tour frénétique.
Ravis de nous reconnaître dans ce portrait favorable du «voyageur qui sait prendre son temps», nous quittons le Québec pour l’Ontario (une province traversée de plus au compteur de ce périple surdimensionné), avec toutefois une légère inquiétude à l’esprit : comment allons nous supporter stoïquement trois jours de train, nous qui pétons systématiquement les câbles lors de la troisième heure du trajet à grande vitesse entre Paris et Bordeaux ?
En attendant de nous confronter à cette inquiétante réalité, nous retrouvons avec plaisir à Toronto les repères familiers : Yonge Street, Spadina Street, Dundas Street, College Street, Queen Street et King street, découpent toujours la ville avec une immuable linéarité, sous la silhouette tutélaire de l’immanquable tour CN…
Le jour du départ enfin arrivé, nous découvrons avec excitation l’espace clos, et pourtant spacieux, dans lequel nous allons évoluer pendant les trois derniers jours de mai.
Le train est divisé en deux parties. La plus petite, à l’avant, «héberge» les classes éco, et offre à ses voyageurs une seule voiture dôme. La plus longue, qui s’étire jusqu’à l’arrière, est constituée des chambres et couchettes, des deux wagons restaurants, de trois voitures dômes, et, cerise sur le gâteau, de la voiture salon.
Au gré des heures de voyage, nous apprécions pleinement ces espaces diversifiés, qui ouvrent autant de points de vue différents et remarquables sur le paysage alentour. Entre les voitures dômes, qui donnent à contempler la campagne alentour à 360 degrés, à travers des parois et un toit de verre, en trois points distincts du train, et la voiture parc, qui constitue la queue de celui-ci, en forme de salon panoramique ouvert sur l’arrière de la voie ferrée, les points de vue abondent, et se prêtent aux rencontres les plus fructueuses. Durant ces trois jours, nous faisons la connaissance de quelques ontariens, dont Carlo, notre voisin de chambre, qui traverse le pays en train pour la première fois de sa vie, avant de rejoindre sa famille, qui elle a opté pour l’avion, en Colombie-Britannique. Nous rencontrons également des Vancouverites (drôle de nom), telle cette charmante mamie parfaitement francophone, qui fait ce trajet pour la troisième fois, ce coup-ci avec une amie, en forme de pèlerinage sur ses propres traces déposées plusieurs décennies plus tôt, la première fois avec son conjoint, la seconde avec ses enfants. Avec son humour désarmant, elle prend rendez-vous pour un quatrième trajet, dans une quinzaine d’années, cette fois en compagnie de ses petits-enfants. Elle nous parle encore de son attachement pour le Canada français, et nous charge de transmettre à nos amis québécois toute l’affection qu’elle leur porte, et que leur portent selon elle les canadiens anglais. Elle déplore enfin ce référendum sur la souveraineté, rebaptisé à l’ouest «Never-endum», tant il lui paraît tristement probable qu’il sera remis sur le métier tant que cet ouvrage séparatiste ne sera pas achevé…
Si elle nous investit d’autant de messages à l’attention des québécois, c’est notamment parce que nous vivons à Québec, mais c’est aussi et surtout parce que nous sommes bien les seuls, dans ce train, à venir du Québec. Des anglais, des américains, des suisses, des allemands, des canadiens anglais on l’a dit donc, par dizaines, mais de québécois, point l’ombre d’un !
Notre double casquette, français vivant au Québec, nous confère ainsi un statut un peu particulier, pour le moins atypique, dans ce train hautement fédéraliste !
Après notre ultime escale dans les rocheuses, nous rencontrons également Dominique, la seule et unique française à part nous, embarquée à contretemps dans ce beau périple. Ravie de pouvoir s’exprimer enfin dans la langue de Molière, elle nous confie à son tour les raisons qui l’ont poussée à entreprendre elle aussi, ce pèlerinage très personnel.
Bref, ces échanges sont porteurs d’autant d’histoires particulières, le plus souvent riches en émotions, et au gré des conversations graves ou légères, en français ou en anglais approximatif, le temps file à toute célérité. Du temps, il nous en reste heureusement suffisamment pour admirer le paysage. Depuis les profondes forêts de l’Ontario et du Manitoba, où se succèdent en un ballet ininterrompu lacs, cascades, rapides et rivières, jusqu’aux majestueuses rocheuses de l’Alberta et de la Colombie-Britannique, en passant par les splendides plaines verdoyantes du centre du pays (le fameux triptyque ALSAMA, pour Alberta, Saskatchewan, Manitoba), pas une heure ne s’écoule sans panorama grandiose, sans point de vue remarquable, sans décor fabuleux. Et la «wildlife» participe elle aussi à la fête. Dans les forêts, les castors rythment les kilomètres avec leurs pittoresques constructions de bois, dans les plaines centrales, les daims galopent à distance respectueuse du reptile métallique, dans les montagnes, un ours noir se glisse sur les rails juste après le passage du train, sous les yeux ébahis des passagers (dont nous sommes) de la voiture salon, ailleurs, des mouflons en surplomb renvoient aux spectateurs des voitures dômes leurs regards ébahis.
En trois jours, les livres que nous projetions de dévorer pour «tuer» le temps, ne progressent littéralement pas d’une seule page. En revanche, les petits guides de présentation des éléments saillants du parcours deviennent de précieux livres de chevet. Nous n’ignorons bientôt plus rien des vagues d’immigrants russes dans les provinces céréalières du Canada et des clochers orthodoxes qui localisent leurs communautés, nous maîtrisons la confluence des rivières et les particularismes francophones de Winnipeg, nous nous imprégnions des ressources pétrolières de l’Alberta, devenue plus riche province du pays, et nous apprenons à repérer les hauts sommets aux neiges éternelles et les glaciers des rocheuses (le mont Robson culmine à 3900 mètres).
Les repas savoureux et copieux, servis à table avec une régularité et une efficacité irréprochables agrémentent substantiellement le voyage, et l’on s’abandonne avec délice au bercement régulier des wagons dans les très spacieuses couchettes préparées quotidiennement par un personnel de bord aussi attentionné que discret.
C’est un voyage vraiment anachronique (Voyage dans le passé, troisième…) qui nous mène ainsi tranquillement jusque dans l’ouest canadien, sur les traces des immigrants déversés à flots continus, entre la fin du 19ième siècle et la première moitié du 20ième, dans un pays immense qui trouvait là la clé de son unité. Maintenu intentionnellement dans un style fortement réminiscent des trains de luxe de l’âge d’or du chemin de fer (les années 50), le transcanadien appartient, avec l’Orient Express et le transsibérien, à la petite famille des grands trains de luxe transcontinentaux.
Malgré la domestication des grands espaces nord américains, à force d’autoroutes et de couloirs aériens, le transcanadien continue tant bien que mal de remplir son office historique, à la fois moteur de l’union canadienne et mémoire du développement des provinces éloignées.
Pour un peu, à son bord, on se prendrait presque, à condition d’être sensible à cette iconographie de pellicule, pour Cary Grant et Eva Marie-Saint dans La mort aux trousses, ou encore pour Sean Connery et Daniela Bianchi dans Bons baisers de Russie. On y croise meme un acteur modestement célèbre, Alan Rickman, qui, prenant en couple son petit déjeuner en décalage du reste des passagers, envoit clairement le message qu'il n'est pas là pour signer des autographes ou dédicacer des photos, mais qu'il entend bien lui aussi s'abandonner à la saveur unique de ce voyage.
Le Canadien, puisque c’est sous ce nom emblématique qu’il circule aujourd’hui, est donc le sésame pour le plus enchanteur des voyages dans l’espace et dans le temps qu’il m’a été donné de vivre jusqu’à ce jour.
La seule réserve qu’un esprit impartial comme le notre pourrait mettre en avant à propos d’une telle expérience, concerne les moyennes d’âge rencontrées de part et d’autre de cette invisible frontière entre classe économique et classe supérieure (dite «Silver & Blue», si délicieusement désuet). De notre côté du train, nous figurons dans peine parmi les voyageurs les plus jeunes, et il faut se donner bien du mal pour trouver des voyageurs plus modestes… De l’autre côté, nous aurions été dans la moyenne haute…
Personnellement, cette fatalité économique (mon grand-père avait coutume de dire que le drame de la vie tient tout entier dans l’évidence suivante : « quand on a de bonnes dents, on a pas beaucoup de noisettes ; et quand on a enfin beaucoup de noisettes, on a plus guère de dents ») me désespère quelque peu.
Mais je digresse.
Le mois de mai touche à sa fin, et avec lui notre traversée du Canada.
Ce dernier jour du mois, nous foulons enfin le sol de la ville de Vancouver !

4 Comments:

At 3:13 AM, Anonymous Anonyme said...

Pour affirmer que les canadiens anglais portent une affection sans borne a ceux qu'ils appellent habituellement (affectueusement sans doute) "fucking frogs", cette dame avait sans aucun doute un humour unique...Remarque, ca vaut bien les ontariens qui telephonaient chez des quebecois inconnus a la veille du referendum en disant "we love you so much!" ...enfin, bref...

Ca m'etonne que vous n'ayez jamais vu de betes sauvages (autrement que mortes) sur les routes...Pourtant, j'en ai moi-meme vus tres souvent! Mais ce qui m'etonne encore plus, c'est le loup...plutot improbable compare a son cousin coyote que plusieurs ont pu observer. En general les loups sont comme les fantomes de Val-Jalbert; plusieurs les ont entendus, mais rares sont ceux qui les ont vus...de toute facon, nous ne les aurions point cru!!!

Annie

 
At 4:21 PM, Blogger Sébastien M. said...

Excellent le coup du téléphone à la veille du référendum... rien que pour ça, je crois que j'aurais voté "oui" !
Notre petite mamie avait il est vrai, une sensibilité très francophile : elle avait été mariée à un français, avait longuement vécu à Ottawa, élevé ses enfants dans les deux langues, et elle insiste aujourd'hui pour que ses petits enfants apprennent tous le français.... je pense qu'elle n'est pas représentative du canada anglais...:-)

Tu me casses ma baraque avec le loup :-((
Franchement, à l'oeil, ils sont impossibles à différencier...

 
At 3:36 PM, Anonymous Anonyme said...

excellent en effet ! il faudra que je pense à appeler le seb la veille des prochaines présidentilles... ;o)

le v

 
At 4:50 AM, Anonymous Anonyme said...

Oops...desolee...Pourtant, les differentes photos que j'ai pu voir sur internet et ailleurs m'ont confirme que j'ai deja vu des coyotes, mais jamais de loups...ils sont differents les deux chiens-chiens (ou alors on m'aurait menti?)

Annie

 

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