lundi, février 28, 2005

Février 2005 : Un supportable hiver

Le mois de février commence mal : je rate le jour de la marmotte !
Depuis "Un jour sans fin" (avec l’ineffable Bill Murray) je rêvais de pouvoir assister à cette cérémonie annuelle nord-américaine qui conjugue le sublime au ridicule… et voilà que je passe à côté d’une occasion en or, certainement pas à la veille de se re-présenter :-(
Comment ? Ils ont osé tenir le rite impayable du "jour de la marmotte" sans m’avoir adressé de notification individuelle préalable ???
C’est la voisine qui m’assène la mauvaise nouvelle, au détour du couloir, et qui me livre au passage le verdict rendu par le docte rongeur… l’hiver en a encore pour 6 semaines !
Voyons voir… nous sommes début février… + 6 semaines… cela nous conduit tout droit à mi-mars cette affaire…
Quoi ?
C’est tout ?
L’hiver s’achèvera mi-mars ? Comme en France ?
Mais où est donc passé le légendaire et interminable hiver québécois, supposé durer 5 mois pleins, que tous les guides touristiques, confortés par tous les experts vacanciers, m’avaient promis…
Non content de nous servir des températures affreusement douces (cf. janvier) l’hiver québécois n’est même plus capable de tenir sur la longueur… tout se perd ma bonne dame !
Et de fait, les quinze premiers jours de février sont bien dans la continuité des derniers jours de janvier : douceur, pluie passagère, fonte des neiges… c’est un avant goût de la débâcle qui nous est donné, et qui nous laisse sur notre faim de températures réellement boréales…
Finalement, l’hiver québécois n’est pas si terrible… mes collègues de bureau me regardent avec des yeux de merlans frits lorsque je leur assène que leur hiver c’est de la gnognotte ("c’est-tu quoi, çâ, la "gnognotte", Sébastien ?") et que j’espère que les températures vont recommencer à plonger à très court terme ! En plus d’être "maudit", le Français est donc maso !

En attendant que l’hiver assume son redoutable statut, nous profitons, tête et mains nues, veste grande ouverte, des festivités du Carnaval, imaginé en 1955 justement pour faire sortir les Québécois de chez eux, et attirer les touristes, malgré le froid intense…

La course de canots sur le St-Laurent gelé, entre Québec (rive nord) et Lévis (rive sud), est le moment fort de ce carnaval, un spectacle terrible à mi-chemin entre les jeux "inter-villes" de Guy Lux, pour le côté loufoque débridé et parfaitement assumé de l’affaire, et la "chasse au trésor" de feu Philippe de Dieuleveu, pour le côté exploit sportif démesuré et parfaitement inutile. Les expressions du commentateur local (le Léon Zitrone québécois, donc) sont à l’avenant. Il n’est question que de "tapis roulant de glace" et de "veines d’eau" (rappel : l’épreuve est bien supposée se dérouler sur l’eau), autant d’expressions imagées qui illustrent bien la difficulté de l’entreprise…
Au bilan, sur plus de quarante embarcations engagées dans la course, une petite quinzaine seulement franchit la ligne d’arrivée, tandis que la grosse majorité finit par jeter l’éponge (c’est le cas de le dire, avec toute l’eau écopée…), épuisée par une débauche d’efforts aussi spectaculaire que vaine.
Comme de coutume ce sont des québécois, de l’équipe du château Frontenac, qui remportent l’épreuve. Leur mérite est très relatif puisqu’ils sont aux toutes premières loges pour s’entraîner à longueur d’hiver, et qu’ils avaient eu le temps de se préparer aux conditions exceptionnelles (il fallait remonter à 1992 pour trouver des conditions aussi dures) engendrées par le redoux relatif. Cela n’était certainement pas le cas de l’équipe française engagée dans la course, qui s’est faite plutôt discrète, en tout cas pour le supporter chauvin qui ne demandait qu’à se manifester en moi… S’ils ne se sont pas noyés dans une des fameuses veines d’eau, s’ils ne se sont pas fait broyer dans les mouvements de glace irrépressibles, s’ils n’ont pas pris leurs jambes à leur coup au seul spectacle de ce qui les attendait, ou s’il n’ont pas fait une syncope à mi-course, rendu au bord de la rive sud, je les soupçonne alors d’avoir bêtement abandonné, car je n’ai pas vu l’ombre d’une bannière tricolore dans les parages, sur glace comme sur eau… Difficile toutefois de les blâmer. Où auraient-ils pu s’aguerrir à des telles difficultés… Déjà, l’entraînement effectué l’avant-veille autour de l’Île aux Coudres les avait laissé épuisés, à ce qui se raconte par ici dans un sourire narquois…

Autre grand moment, la parade de clôture du Carnaval. Une heure et demie de défilé sous la neige, avec fanfares, danses, chars allégoriques et distributions de gâteaux, au son des trompettes de Bonhomme (conformément au dialecte local, on préfèrera le terme de "flûtes embossées" pour faire poète)… Le tout par des températures nocturnes, quoique douces, quand même très fraîches (pour le moins). À voir au moins une fois dans sa vie…

Mais le Carnaval ne fait pas que se contempler, il se déguste également. À en croire mes collègues de bureau, c’est le moment ou jamais de faire une overdose de "queues de castor", sorte de pâtisserie locale plate et arrondie, en forme présumée d’appendice caudal de castoridé. Respectueux au plus haut point des coutumes locales, je ne me fais donc pas prier : beurre d’érable, chocolat noisette, beurre à l’ail et fromage… tous les parfums y passent ou presque… de quoi tenir toute une vie avec les calories ingérées ! (bon, pour ceux qui auront l’occasion de goûter, je déconseille beurre à l’ail et fromage… il fallait une certains dose d’inconscience pour tester… imaginez la même chose sur une gaufre… voilà, c’est à peu près ça !!)
La queue de castor, c'est le nouveau délice des Mourot-gourmands !

Par contre, nous restons beaucoup plus sceptiques à propos du Caribou, improbable (pour ne pas dire imbuvable) mélange de vins servi chaud, qui provoque d’avantage la nausée qu’il ne requinque…
Comme nous sommes d’esprit ouvert, nous cherchons les causes de l’échec gustatif que nous inspire ce breuvage : peut-être aurions-nous dû le boire, ainsi que le préconise le folklore québécois, dans une canne de Bonhomme, afin que le contact du plastique industriel bon marché rehausse la saveur du liquide, comme un verre adéquat aide à dégager les arômes d’un bon vin… peu crédible. Peut-être ne faisait-il pas assez froid pour que nos organismes tirent le bénéfice maximum et enivrant de la potion, conçue pour des "frettes" autrement plus intenses… mais alors comment expliquer que nous seuls semblons ne pas goûter la chose… quoique, il semble que ne sommes pas tout à fait seuls, car nous apercevons, au détour d’une buvette, la grimace d’une touriste qui regrette d’avoir succombé à la traditionnelle mixture sitôt qu’elle applique le bout de ses lèvres sur son verre…
Cela nous conforte dans la conviction que la bouteille de Caribou, achetée, pour l’expérience, à l’automne précédent, et qui n’avait trouvé qu’un seul amateur parmi nos visiteurs, n'est pas à la veille d’être terminée. Servi chaud, frais, ou à température ambiante, le Caribou c’est écœurant (au sens français du terme, hein !).
Pour la petite légende, le nom "Caribou" aurait été donné par les premiers colons français, voyant les indiens boire le sang encore chaud de leur prise de chasse, avant de devenir un alcool chaud (le vin rouge remplaçant peu à peu le sang)… hum, hum…
Mais dans la série des breuvages infects, le Caribou doit céder sans honte la première marche du podium à une autre spécialité nord-américaine totalement atroce, j’ai nommé la "Root Beer" ("Racinette" en français, rien que le nom fait peur). Cette boisson gazeuse même pas alcoolisée, au délicat fumet de médicament, suscite une incontrôlable moue de dégoût chez tous les cobayes européens à qui je tente de refiler le fond de bouteille que je ne parviens pas à écluser…
Le test effectué sur la personne de Christine, de passage pendant quelques jours, confirme la série : le palais européen n’est définitivement pas taillé pour la bière de racine (puisque c’est bien de cela qu’il s’agit)… quant à sa petite sœur, "l’Épinette", malgré une nature curieuse et téméraire, je ne suis plus du tout tenté de me livrer à des expérimentations hasardeuses… allez comprendre ! Quoi qu’il en soit, je suis largement remboursé des 2 $ gaspillés dans l’achat de cette horreur, par les fous rires provoqués, avec une régularité consternante (pour moi), par ces petites séances de dégustation.

Ceux qui ont du engloutir des litres de Root Beer, et surtout de Caribou, en tout cas, avant ou après l’exercice en question, ce sont les quelques dizaines d’échappés de l’asile – euh, pardon, de courageux lurons, qui se prêtent pendant une demi-heure au traditionnel bain de neige du Carnaval, dans les plaines d’Abraham. Sans prêter garde à leur peau rougie par la friction et par le froid, ils se roulent abondamment dans la neige, pour le plus grand plaisir des sadiques qui composent l’assistance médusée (et dont nous faisons partie, gniark, gniark…). La surenchère est assurée par ceux qui se laissent enfouir sous la neige (comme on s’enterre dans le sable, à la plage) ou – plus fort encore – ceux qui s’enfournent de grosses poignées de neige (à mains nues, pour qui n'aurait pas suivi) à l’intérieur du maillot de bain (parce que l’on peut être malade du cerveau et de l’épiderme, on en demeure pas moins pudique, donc ce n’est pas un bain naturiste, ce qui au demeurant, aurait eu le mérite d’être drôle, en sus d’être sidérant :-)).

Pour méditer sur ces démonstrations hystériques de la société occidentale moderne, nous retrouvons nos amis les indiens (après les Montagnais de St-Urbain, et les Hurons-Wendat de Wendake, nous rencontrons donc les Crees originaires de Chibougamau), qui nous expliquent, dans un anglais plus qu’approximatif, que bien que vivant au Québec (idiome officiel = le français, depuis 1977), ils ne parlent pas un traître mot de notre langue car seul l’anglais leur est utile pour guider les touristes ontariens et américains qui viennent chasser et pêcher dans leurs réserves du nord du Québec...
Bon, plutôt que de les écouter baragouiner en mauvais anglais, et nous asséner crûment que les seuls touristes qui comptent, c’est à dire qui ont du pouvoir et de l’intérêt, sont les consommateurs anglophones, on préfère les écouter entonner, au son du tambourin, des chants traditionnels envoûtants.. A l’intérieur de la tente, qui sent le feu de bois et le sapin écrasé (le vrai, disposé par terre pour isoler de la neige, pas le sapin chimique que l'on suspend au pare-brise de la voiture pour dissiper l’odeur de cigarette), en fermant les yeux et en s’asseyant en tailleur (aïe, mes articulations), on se laisse emporter par la mélopée ancestrale, et on a pas de peine à s’imaginer dans la peau d’un Etienne Brulé (ou de tout autre coureur des bois passé à la postérité), négociant les fourrures des alliés amérindiens, à l’époque de l’implantation d’un comptoir de traite à "Kebec", c’est à dire "là où le fleuve se rétrécit" en langage algonquin… un coureur des bois qui aurait du beurre à l’ail sur les doigts, une indigestion de queues de castor, et des remous gastriques provoqués par le Caribou… mais bon, l’imagination est une chose formidable, qui sait estomper les petits détails anachroniques… les contacts avec les autochtones, même quand ils arborent jeans et t-shirts, et qu’ils communiquent par téléphone cellulaire, c’est toujours un peu magique !

Le Carnaval terminé, la ville de Québec retrouve son calme provincial. Force est d’admettre que les festivités carnavalesques ont rencontré un véritable succès populaire, ce qui n’avait pas été le cas, loin de là, de l’opération "Québec fête Noël", pourtant vendue avec une communication tout aussi alléchante.
Aux quelques touristes égarés en semaine, et aux quelques québécois désœuvrés le week-end (c’est-à-dire débarrassés de la corvée cadeaux, donc insuffisamment nombreux pour constituer une foule décente), croisés pendant les fêtes de fin d’année, ont succédé, durant toute la période du Carnaval, des hordes de Carnavaleux (il semble que le qualificatif soit approprié), originaires de Montréal (facile, 2h de route) ou du reste de la province (plus ou moins facile, selon la neige), mais aussi et surtout des autres provinces canadiennes et des États-Unis, sans oublier quelques européens venus éprouver l’épaisseur de leur couenne dans le froid québécois.
Ce Carnaval est donc un succès réel, qui nous enchante, et convainc même au passage les carnava-sceptiques (principalement des immigrants français, blasés) qui avaient entrepris, en pure perte, dans les semaines précédentes, de modérer notre enthousiasme naturel.
Transformée en tour de Babel pendant 2 semaines, la ville a revêtu des oripeaux que nous ne lui connaissions pas : les rues ont été parsemées de papiers, canettes, et débris divers… même en petites quantités, ces "aspérités" accrochent le regard, tant elles paraissent incongrues dans cet univers d’ordinaire si net… On réalise d’un coup que l’on s’était habitué, insensiblement, à la propreté ambiante (un petit côté Europe du nord), au fait de ne jamais devoir surveiller où l’on met ses pieds grâce à l’absence totale de déchets canins, et à la rareté extrême des poubelles (à quoi bon, puisque le Québécois, de Québec, ne jette jamais rien dans la rue)… Comme pour laver ces quelques "impuretés", la neige recommence à tomber en force dès le surlendemain de la clôture du Carnaval, recouvrant de son voile immaculé tout ce qui dépasse de façon inconvenante de la chaussée.

Il était grand temps qu’elle revienne la neige, car elle commençait à arborer, là où elle était encore visible, une teinte marronâtre du plus mauvais effet. Criblée des impacts de pluie (et des détritus sus cités), elle faisait peine à voir dans sa décadence presque printanière.

Puisque la neige – et l’hiver – se rappellent enfin à notre excellent souvenir mi-février, nous renouons avec délice avec les différents sports de plein air auxquels nous devenons accros.
La visite de Christine nous fournit ainsi le prétexte idéal pour une nouvelle et grande randonnée en traîneau à chiens. J’en profite pour perfectionner ma technique de musher, qui ne va pas si mal, merci, malgré un départ un peu chaotique…
Les filles, ces fainéantes, alternent entre la place du passager (celui qui est assis dans le traîneau, confortablement blotti sous une épaisse fourrure) et le rôle de musher, en "tandem" avec le guide… trop facile !
Résultat, seul bibi a les jambes en compote le lendemain matin, pour avoir fait contrepoids dans chaque virage, pour avoir poussé énergiquement le traîneau dans chaque montée, et pour avoir appuyé comme un malade sur le frein dans chaque descente, pendant une heure et demie de (malgré tout) bonheur total.
Velma finit pour sa part la balade dans un profond sommeil. Comme lors de notre précédente virée, la chaleur des couvertures, le silence de la forêt, et le glissement régulier sur la neige, emportent sa conscience infantile dans les bras accueillants de Morphée.. Les glapissements et aboiements intermittents des chiens n’y changent rien. Velma se laisse bercer par l’hiver.

Dans la série des sensations inédites, nous expérimentons en février la traversée, à pied s’il vous plaît, du fleuve Saint-Laurent, recouvert d’une épaisse couche de glace, baptisée un peu présomptueusement "pont de glace", entre la rive nord et l’île d’Orléans… une étrange et éblouissante (au sens propre) expérience, qui nous donne un petit sentiment christique.. on ne marche pas sur l’eau tous les jours… Non content de marcher dessus, je me fends en outre de ma plus mémorable chute de l’hiver, lorsque, pour les besoins de la vidéo souvenir de rigueur, j’entreprends de piquer un petit sprint sur la glace. Même prévisible (avec le recul), la "bûche" spectaculaire n’en demeure pas moins aussi involontaire que douloureuse, et réduit mon coude en compote, pour la postérité numérique (triomphe assuré au prochain concours de vidéo-gags). Que n’endurerait-on pas pour la gloire ?

Et puis nous revenons à Montréal, dans un PT Cruiser bleu de mer (enfin presque), car nous voulons revoir l’hiver, et ses aurores boréales…
Bon c’est surtout une façon de parler (ou de chanter, pour les mélomanes avertis), car l’hiver à Montréal a quand même moins de charme qu’à Québec…
En fait, nous profitons toujours de la visite de Christine pour approfondir notre reconnaissance de la capitale économique de la province.
Une capitale économique, qui vient en plus d’être nommée capitale mondiale du rock (rien que ça) par des (comprenez = 2) médias américains… alors là je m’étrangle… pour une capitale mondiale du rock, pas un seul concert digne de ce nom à me mettre sous la dent en un an : pas de Morrissey, même en pleine tournée nord-américaine, pas de Divine Comedy, idem, pas de Jude, qui habite pourtant en Californie, mais qui préfère donner 4 concerts en France plutôt qu’un seul au Québec… la gueule de la capitale mondiale du rock… :-( Ok, je m’en suis déjà plaint en septembre, mais, 6 mois plus tard, je ne m’en remets toujours pas.
En fait, je crois surtout que la nomenklatura américaine (traduction = de la côte nord-est des E.U.) s’est cherché un nouveau petit coin branché pour se retrouver, loin des américains moyens, et que son gros doigt impérialiste s’est posé sur le sud du Québec, à la fois proche et bon marché, et tellement dépaysant avec son parler "frenchy", loin des donneurs de leçons et mangeurs de fromage de la vieille Europe…
En fait de capitale mondiale du rock, les seuls titres de gloire de Montréal, musicalement parlant, c’est d’avoir accueilli un concert de Metallica (wouahhhhhh !) et d’avoir enfanté Céline Dion (Grrrrrr….). A ce sujet, je ne résiste pas au plaisir de vous rapporter le commentaire d’un comique US brocardant le Québec et ses "institutions" : "pas étonnant que les Québécois aiment C. Dion, ils portent tous des caches oreilles"… How true…
À Montréal, nous tombons sur un nouveau festival, dédié à la lumière : spectacles "sons & lumières", pyrotechnie… on sent l’effort d’imagination des créatifs de la ville, pour chiper un peu la vedette à la capitale voisine durant le gris mois de février…
Mais quelques spotlights épars ne peuvent pas accomplir de miracles…
Pour rester constructif, et laisser chacun libre de son interprétation et de son choix, je me contenterai simplement de dire, à ceux qui hésiteraient entre un séjour à Québec, au moment du Carnaval de l’hiver, et un séjour à Montréal, pour le festival "Montréal en lumières", que l’intérêt respectif des deux événements est inversement proportionnel à la taille des deux cités…
Et d’ajouter que les glissades "Le Lait" (à qui les organisateurs veulent-ils faire croire que des adultes se repaissent de lait pur pour faire la fête toute la nuit ???), érigées le long de la rue Sainte-Catherine, font vraiment pâle figure à côté de celles de la terrasse Dufferin. Même si elles avaient été accessibles, ce qui aurait nécessité qu’elles ne présupposent pas une file d’attente interminable, nul doute que leur brièveté aurait été des plus frustrantes. Personnellement, ¾ d’heure de queue pour 6 secondes de plaisir (je réalise que mes propos sont à double sens, à l’insu de mon plein gré :-)), cela a cessé de me satisfaire depuis longtemps, même à Disneyland Paris.
Le temps passé sur le site microscopique dudit festival, dans les différents lieux emblématiques de la ville (belvédères du Mont-Royal, parc olympique, plateau Mont-Royal, île Notre-Dame…), pour combler les mirettes de notre visiteuse, et dans une salle de cinéma Imax pour assister au "Polar Express" en relief (premier véritable ciné pour Velma, qui adore, malgré l’anglais non sous-titré des dialogues, au demeurant limités, et première séance pour nous depuis que nous sommes établis au Québec, incroyable mais vrai….), nous contraint à abandonner le projet d’une leçon de patinage sur le St-Laurent.
Après avoir marché, rampé, couru et (donc subséquemment) chuté dessus, il ne manquait plus qu’à glisser sur le St-Laurent pour pouvoir se rengorger d’avoir domestiqué tout à fait ce fleuve impétueux. Le fleuve n’a donc pas encore été totalement dompté, faute de temps… mais il ne perd rien pour attendre, car nul doute que "nous reviendrons à Montréal"…

Pour se remettre de ces tentatives avortées de micro glissades Montréalaises, nous entraînons donc Chris, l’avant-veille de son départ, dans une (énième, pour nous) journée à Valcartier, histoire de tâter, avec les fesses, de la vraie bonne glace sur de vraies bonnes pentes. Une tempête de neige, aussi violente que bienvenue, ajoute à l’exotisme du site. L’intéressée est enthousiaste !
Nous mettons cet enthousiasme à profit en disputant encore, la veille de son départ, quelques courses de luge sur les glissades Dufferin, devant le château Frontenac. Victoire sans équivoque, mais avec l’aide de la piste inéquitable, de la paire Corinne – Velma, qui jubile. Il semble qu’il n’est jamais trop tôt pour apprendre à ne pas avoir le triomphe modeste.

Fin février, nous célébrons justement son 3ème anniversaire, entourée de ses petits amis québécois. Heureusement que nous pouvons disposer d’une salle panoramique sur le toit de notre immeuble pour tenir ce genre de sauterie, car notre appartement ne serait pas sorti indemne du déferlement infantile… nous avons nous même tout juste survécu, et la fin du mois n’est pas de trop pour digérer la déflagration ! Heureusement, maintenant, nous sommes à l’abri de ce genre de tourmente pour un an…

Février se termine bien, c’est à dire sous une neige abondante, qui semble enfin décidée à reprendre ses quartiers légitimes, après les semaines de vache maigre. Un paysage hivernal, c’est quand même beaucoup plus charmant recouvert d’un blanc manteau. Il semble donc que, conformément aux prévisions de notre amie la marmotte météorologue, l’hiver ne tire pas encore sa révérence fin février. Encore heureux, car on peut dire de l’hiver comme Groquik s’exclame à propos de son Nesquik (je diversifie un peu mes références pour satisfaire tous mes publics :-)), "on en a (encore) une énorme envie !"

Et côté voyages (petits voyages à l’intérieur du grand voyage), maintenant que notre projet transcanadien est lancé sur de bons rails (c’est le cas de le dire) pour fin mai - début juin, notre esprit se tourne vers une nouvelle idée d’escapade de rêve : le survol du Québec (ou du moins d’une petite portion du Québec) en avion.
Avec ce dilemme cornélien à s’en donner des nuits blanches : hydravion ou hydraski ?
À 3 $ la minute (à la louche), il vaut mieux faire le bon choix...

mardi, février 22, 2005

À venir : en février, nous rencontrons les indiens Crees


lundi, février 14, 2005

Comme prévu : en février, on remet ça !

Le retour du musher...


lundi, février 07, 2005

Bonhomme Carnaval, c'est ça !




jeudi, février 03, 2005

La preuve en images...

Le panorama depuis le Massif de Petite-Rivière-Saint-François...