mardi, août 31, 2004

Août 2004 : premiers contacts avec le nouveau monde

Dimanche 22 août 2004.
Fin d’après midi.
Nous atterrissons à Québec.
Complètement explosés par le décalage horaire conjugué à la fatigue d’une longue journée, d’un long voyage, de lourds bagages, et d’un enfant qui n’avait jamais passé plus de 50 minutes dans un avion….

L’attaché de coopération du Consulat Général de France et sa conjointe sont là pour nous accueillir, et cet accueil est chaleureux…
Que faire donc, sinon accepter avec bonne grâce l’invitation à dîner sur l’avenue Cartier, malgré les cernes qui se creusent, la conversation qui s’appauvrit, et la salive qui s’épuise…
Nous n’avons probablement pas été ce soir là les meilleurs convives du monde, mais c’était le mieux que nous pouvions faire, à 3h du matin (à la louche, pour nous encore à l’heure française), et dans les circonstances de notre arrivée…
Peut-être que le passage par la case "piscine", idéal pour détendre le corps meurtri par les longues heures d’avion, était un peu présomptueux juste avant le repas, car l’appel du lit, après le confort de l’eau tiède (la piscine de l'immeuble est chauffée) était pratiquement irrésistible, et manifestement néfaste pour les traits et la vivacité d’esprit !
Mais nul doute que nous nous rattraperons, en faisant la démonstration de l'étendue insondable de notre spiritualité parisienne, dans les semaines et les mois à venir.... Le Québec ne perd rien pour attendre !

Entre le 23 août et début septembre, nous profitons d’un laps de temps précieux, mais à peine suffisant, pour accomplir la montagne de démarches nécessaires à une bonne installation.... enfin, aussi bonne que puisse l’être une installation pour une durée aussi brève qu’un an (le temps de prendre vraiment nos marques, et hop, l'heure du retour sonnera déjà), dans un pays inconnu (seul contact avec l’Amérique du nord pour moi = 15 ans plus tôt en Floride… pas vraiment le même trip), avec la perspective de températures inconnues (j’ai les mains qui se craquèlent – littéralement – dès que la température flirte avec le 0 degré Celsius à Paris), dans un appartement semi-meublé, aux normes électriques inattendues….

Côté administratif, il nous faut donc obtenir des services sociaux une carte N.A.S. (cela signifie numéro d’assurance sociale, démarrant par un 9 qui nous identifie comme des immigrants provisoires aussi sûrement qu’un gyrophare sur le front), signer le bail pour l’appartement (" il n’y a pas d’attrape ", nous assure la mandataire dans un sourire, " vous pouvez signer les yeux fermés "… bon, de toute façon, ici, lorsque l’on ne paye pas son loyer, on est mis à la porte sans autre forme de procès, quelle que soit la température extérieure… au secours !), ouvrir un compte en banque (début du marathon bancaire sur lequel je reviendrai plus longuement en octobre), ainsi que les compteurs d’électricité (très bon marché au pays de l’eau) et de téléphone (pas si bon marché que ça… et ici rien de comparable, même de loin, à la free-box !).
Enfin, il faut trouver une place en crèche (en "garderie", monsieur) pour notre petite Velma… Deuxième parcours du combattant…
D’accord, les places sont beaucoup moins onéreuses (7 dollars, soit environ 5 euros, voilà qui change agréablement de Paris et ses crèches à 22 euros la journée, ou de ses nounous à 30 euros par jour), mais tout aussi rares qu’en France. Heureusement, la chance a choisi de nous sourire, et de nous rendre l’installation agréable, car après avoir essuyé une quinzaine de réponses négatives, oscillant entre le
- "désolé mais nous n’avons aucune place, donc merci d’aller voir ailleurs",
et le
- "je veux bien vous inscrire sur liste d’attente, mais ne vous faites pas d’illusion avant un ou deux ans" (cool, on n’est là que pour une année :-( ), nous avons miraculeusement obtenu une place dans la garderie la plus proche de notre appartement, au sein d’une équipe jeune et dynamique…
A peine le temps de réécrire au cabinet de la ministre de la famille pour lui dire de laisser tomber la requête exceptionnelle dont je l’avais saisie l’avant-veille (peur de rien la famille Mourot), et de téléphoner à la nourrice agréée qui avait réservé sa réponse (comme par hasard, elle nous répond maintenant qu’elle s’apprêtait à choisir Velma… too bad), et notre petite puce fait sa rentrée dans la garderie des "Loupiots", section des "grenouilles"…
Ouf ! Un bon gros souci de moins.

Côté matériel, mine de rien, c’est presque tout une vie qu’il faut reconstruire dans des délais très brefs : vaisselle, draps, mobilier, équipement électro-ménager et informatique, alimentation…..
Nous arpentons sans cesse les boutiques, les galeries commerciales, l’annuaire et les sites Internet de la ville de Québec pour aboutir au constat suivant :

Axiome numéro 1 de la société de consommation nord-américaine = " on trouve toujours ce que l’on cherche à un meilleur prix chez le concurrent ".

Un satané axiome dont on met du temps à mesurer pleinement les incidences.
Il signifie en gros que dès que l’on s’est enfin décidé à acquérir quelque chose chez un commerçant, après avoir fait des heures de repérage, épuisé toute son énergie à parcourir la ville en long, en large et en travers, avec un handicap de 15 kilos dans les bras, et perdu un temps substantiel que l’on aurait forcément mieux employé ailleurs, on tombe totalement par hasard, le plus souvent à deux pas de son domicile, sur le même article/produit en solde exceptionnelle…

Pour moi et ma petite famille, réfractaire au shopping frénétique, et allergique au micro-environnement des centres commerciaux, c’est un constat extrêmement déprimant..
Tant pis, il nous faudra apprendre à vivre avec nos carences conso-éducatives, et supporter sans faiblir la dure réalité de nos mauvaises affaires commerciales.

Mais la fin du mois approche, et avec elle les perspectives de reprise du travail….
Il est donc plus que temps de découvrir notre nouvelle ville sous un angle plus touristique…
Trois semaines après nous être recueillis (symboliquement, c’est à dire en prenant une photo :-)) à Brouage, ville saintongeaise qui vît naître au XVIème siècle un certain Samuel de Champlain, nous découvrons enfin celle qu’il fondît à des milliers de km de la Saintonge, et à laquelle il doit d’être passé à la postérité : Québec.

Ah ! Québec, sa vieille ville (millésime 1608, jolie balade), son cap diamant (sans l’ombre d’un diamant – il avait du caca dans les yeux, le Champlain), ses calèches (un peu onéreuses... à réserver à ceux qui veulent se prendre pour des croisiéristes américains), son château Frontenac (l’hôtel le plus photographié au monde nous apprennent les brochures touristiques... visite pittoresque, mais frustrante), ses plaines d’Abraham (de sinistre mémoire pour tout français féru d’histoire, puisque c’est sur cette place même que la France de Louis XV abandonnât, au terme d’une bataille d’une vingtaine de minutes, le continent nord-américain à l’ennemi historique, la perfide Albion), ses traversiers (chouette panorama sur la ville), sa citadelle (intéressante), son musée des civilisations (génial, notamment pour les enfants)….
Un lieu de villégiature idéal en cette fin août, baignée de soleil et de chaleur…
Dire que nous avions quitté Paris sous des trombes d’eau et des températures automnales.

Mais Québec est également une ville de festivals (comme beaucoup de villes du Québec à ce qu’il semble), et le festival en cours, fin août, c’est celui des fanfares militaires…
Bon, dit comme ça, ça a l’air "plate" (= moche, en québécois… l’immersion commence à produire ses effets), mais cela s’avère au final un très agréable moment, avec des accents musicaux résonnant aux quatre coins touristiques de la ville…
Mention spéciale à la fanfare du régiment US venu d’Albany, qui fait danser la place d’Youville sur les rythmes endiablés des grands standards de jazz et gospel, et surtout à la cérémonie de clôture, dans l’enceinte du manège des Voltigeurs (régiment local jouxtant la citadelle... j'ai toujours pas compris pourquoi ils s'appellent comme ça), lorsque toutes les fanfares conjuguent leurs sonorités pour créer un véritable mur de son.

Mais déjà, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture, sur la place Georges V, un doute s’est emparé de moi, qui me taraude depuis..
Passant par hasard devant cette cérémonie un rien trop protocolaire (un discours, un hymne national, un discours, un hymne…), j’en ai profité pour observer les spectateurs…
Surprise, sur les quelques centaines (milliers ?) de personnes rassemblées, je suis l’une des plus jeunes….
Autour de moi, des toisons argentées à perte de vue……..
Bon sang, aurions nous atterri à Sun City ????

4 Comments:

At 3:19 AM, Blogger Marie said...

Eh bien, je serai la 1ère à commenter ... Du coup, pour "répondre", j'ai dû créer un compte blog et j'en découvre les joies ! Mais je n'ai encore rien écrit (pas le temps de proser au boulot). Quant à ta présentation, quitte à flatter ton ego, je dois reconnaître que c'est pas mal ... essai transformé ! Il faudra penser à rajouter qqes photos. Bises à +

 
At 4:01 AM, Blogger le V said...

j'y crois pas !! il faut créer un blog pour pouvoir poster un commentaire sur celui des mourot !!..
Quelle idée de faire un blog avec blogger aussi...

2 commentaires :

1- tu es allé direct à la piscine à l'arrivée à Quebec ??!!
alors que c'est ta ptite femme qui s'occupait de ranger ton bordel (figurines heroclix, comics, playstation..) ?

2- le speech sur sun city.... Seb... tu ne fais plus partie des jeunes maintenant..tu sais ?..oui je sais c'est dur...

PS : un gars a piqué mon nom !!! oui oui "le v" était pris..impensable.. j'ai dû ruser..

 
At 5:49 PM, Blogger Sébastien M. said...

Merci MH pour tes encouragements chaleureux :-))
J'ai bien l'intention d'illustrer mes petites histoires avec des photos... j'y travaille, j'y travaille..

Pour répondre aux observations fondamentales du V :
- oui, môsieur, j'ai filé tout de suite à la piscine, avec ma petite puce, et ça nous a fait un bien fou après ce long trajet... pendant ce temps, Coco se tapait une petite sieste...
A chacun sa méthode de relaxation... Mais ranger le bordel (valises, vêtements, etc...) ne faisait pas partie de nos priorités du moment.
- concernant mon âge, ouch, je te remercie pour le coup bas... il me semble toutefois que je demeure un peu plus jeune que toi, n'est-ce pas, VIEILLE branche ?

 
At 4:58 AM, Anonymous Anonyme said...

Les Voltigeurs etaient des troupres irregulieres (des querilleros avant le temps).

Les hommes pouvait voltiger d un point a l autre. Pas de batailles en rangs serrés.

Donc un grand francais bien con de la vrai france a decider que pour la grandes bataille toutes les troupes serient a quebec city et en rangs serrés (comme dans les vrais pays pas sauvage).

Ce fut la premire batalle perdu par les Kanadiens (descendants des premiers colons)

 

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